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Des services funéraires pour toutes les confessions à Québec

L'attentat à la grande mosquée de Québec a mis en lumière le fait que la région de Québec n'a pas de cimetière musulman. L'administration Labeaume a promis d'aider la communauté musulmane à en avoir un. Certaines entreprises funéraires offrent également, depuis des années, plusieurs services aux communautés culturelles, peu importe leur confession.

Le cimetière et complexe funéraire privé La Souvenance, à Québec, par exemple, peut organiser des funérailles selon les rites catholiques, musulmans, juifs, bouddhistes ou pour les personnes athées. Les défunts de toutes confessions peuvent être inhumés dans le cimetière extérieur, un mausolée ou un columbarium.

Le complexe compte plus de 35 000 défunts dont certains sont de confession musulmane.

« Dans certaines ethnies, il y a des pratiques funéraires qui sont différentes de ceux d'une majorité ici au Québec, mentionne le président et chef des opérations, Yvan Rodrigue. Il n'y a pas nécessairement d'embaumement, mais il y a des soins qui sont faits par des gens de la communauté. On a les salles pour ça et on a les équipements. »

Même chose à la Coopérative funéraire des Deux Rives. Le personnel est formé pour répondre aux besoins des communautés culturelles en matière de services funéraires.

« On a des rencontres mensuelles, notamment avec les conseillers, explique le directeur général adjoint, David Émond. On va aborder différents sujets, notamment les rituels, le sens que ça prend et la façon que ça peut se concrétiser. »

Les demandes des différentes communautés sont généralement faciles à satisfaire, disent-ils. Tout est possible, tant que les besoins des communautés respectent la loi.

« Je me souviens, dans le passé, d'avoir servi des gens de la communauté bouddhiste, où ils amenaient de la nourriture au salon, raconte Yvan Rodrigue. Pendant des jours et des jours, ils venaient changer la nourriture pour s'assurer que les gens qui venaient visiter les lots de sépultures aient de la nourriture fraîche. »

Les communautés musulmanes demandent généralement que les rituels se fassent rapidement après le décès, pour éviter, autant que possible, l'embaumement de la dépouille.

« Dans les autres demandes, c'est aussi qu'ils procèdent à un lavage rituel, des ablutions avec les membres de la communauté musulmane, décrit David Émond. Ils viennent dans nos locaux pour procéder au lavage de la dépouille et entre autres pour placer sur elle un linceul. »

Ce type de demandes est de plus en plus fréquent, selon lui.

« À Québec, je dirais que c'est quelque chose qu'on voit un peu plus depuis les quatre ou cinq dernières années, estime David Émond. Les familles sont un peu moins gênées aussi de demander qu'on adapte nos façons de faire traditionnelles à leurs besoins et à leurs demandes. »

Demande d'autorisation pour un cimetière

Le Centre culturel islamique de Québec tente depuis plusieurs années de doter la région d'un cimetière musulman. Le seul de la province se trouve à Laval. La communauté serait sur le point d'acquérir un terrain à Lévis.

Il faut obtenir l'autorisation du ministère de l'Environnement pour pouvoir aménager un cimetière. Un des problèmes, c'est que les produits chimiques utilisés pour embaumer les dépouilles se retrouvent dans le sol et peuvent polluer la nappe phréatique. Le processus pour obtenir l'autorisation peut prendre beaucoup de temps.

Yvan Rodrigue donne l'exemple d'un cimetière que son entreprise a récemment agrandi à Montréal.

« Ça a pris quatre ans pour dézoner une partie adjacente à notre cimetière, dit-il. Nous avons fait dézoner une surface de 600 000 pieds carrés. Ce n'est pas très, très grand. »

Le cimetière de La Souvenance se dit en mesure, si la communauté musulmane de Québec le désire, d'aménager une partie de sa propriété en cimetière musulman.

« Notre cimetière a 100 acres, explique Yvan Rodrigue. Il y en a à peu près 25 de développés. Il en reste 75 pour les années futures. Ça serait des efforts très mineurs à faire que de concevoir des sections musulmanes. »

Le président et chef des opérations n'est pas en mesure de dire, toutefois, si les services funéraires sont plus dispendieux dans un cimetière privé, comme le cimetière de La Souvenance, que dans un cimetière géré par une communauté religieuse.

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