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Des suppléants moins expérimentés pour contrer la pénurie d’enseignants

Confrontées à une pénurie de suppléants, des commissions scolaires de la grande région de Québec se tournent vers des stagiaires de plus en plus jeunes. Des étudiants qui arrivent tout juste à la moitié de leur baccalauréat en enseignement pourraient même être embauchés.

Un texte d’Alexandre Duval

Cette semaine, la Commission scolaire de Charlevoix tenait des entrevues pour garnir sa liste de suppléants. Parmi les candidats convoqués, certains venaient tout juste de terminer leur deuxième année d’études universitaires.

« C’est un signal fort au niveau de la pénurie de main-d’œuvre, indique la secrétaire générale de la Commission scolaire, Julie Normandeau. C’est un défi, on ne se le cachera pas. »

À la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, à Québec, le recours à des suppléants plus jeunes est aussi devenu une réalité.

Au mois d’avril, un appel de candidatures a été lancé aux étudiants ayant complété avec succès le stage de leur troisième année de baccalauréat. Certains pourraient donc faire de la suppléance d’ici la fin de l’année scolaire.

« On l'a déjà fait dans le passé sous forme de mesure temporaire [...] et on le refait cette année jusqu'à tant qu'on ait une certaine stabilité », précise Martine Chouinard, secrétaire générale à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries.

Cette mesure risque en effet d'être de retour dans les années à venir puisque la Commission scolaire prévoit que sa clientèle sera en croissance jusqu'en 2024, ce qui mettra une pression additionnelle sur la liste de suppléants.

Des comités pour trouver des solutions

Le recours à des étudiants ayant complété leur troisième stage est aussi envisagé dès l'automne prochain à la Commission scolaire de la capitale, au coeur de Québec. Un comité de travail a d'ailleurs été mis en place pour s'attaquer à cette question.

La porte-parole de la Commission scolaire, Marie-Élaine Dion, précise que les étudiants seraient encadrés. Ils feraient de la suppléance uniquement dans les écoles où ils ont été stagiaires, ajoute-t-elle.

À la Commission scolaire de Portneuf, le recours à des étudiants de troisième année de baccalauréat existe déjà. Pourtant, on a aussi dû mettre sur pied un comité de travail cette année parce que la pénurie persiste.

Selon Mme Delisle, il arrive même qu'une secrétaire ou une enseignante retraitée soit appelée à remplacer au pied levé.

Bonifier les contrats

Bien qu'il s'agisse de cas exceptionnels, la Commission scolaire de Portneuf songe à accorder des « contrats de suppléance » dès l'automne prochain.

Un enseignant qui obtiendrait une tâche partielle de 60 %, par exemple, pourrait ainsi obtenir un contrat additionnel de 40 % spécifiquement destiné à la suppléance.

Congés limités

Dans Charlevoix, les directions d’écoles se tournent vers d'autres moyens. Elles accordent désormais un minimum de congés personnels à leurs enseignants les lundis et vendredis.

Cette année, les critères d’accès à un congé différé ont aussi été resserrés. Les enseignants qui veulent reporter une partie de leur salaire pendant quelques années pour obtenir un congé payé d’une durée de six mois, par exemple, peuvent uniquement le faire au bout de cinq ans plutôt que deux.

Signe que le problème n’est pas sur le point de se résorber, les enseignants de Charlevoix sont souvent obligés de remplacer leurs propres collègues lorsqu’ils disposent d’une période sans élèves.

En 2016-2017, seulement 10 périodes de « dépannage obligatoire » ont été recensées dans la Commission scolaire de Charlevoix. Mais entre septembre 2017 et mars 2018, ce nombre s’élevait à 51, et l’année scolaire n’était pas encore terminée.

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