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Des travailleurs étrangers attendus impatiemment au Québec

Des producteurs agricoles et des entreprises en aménagement paysager dénoncent la lenteur du gouvernement fédéral à traiter les demandes pour l'embauche de travailleurs étrangers. Les retards prennent une ampleur sans précédent cette année.

Le propriétaire de Maxi-Paysage à Saint-Apollinaire, Carl Tanguay, attend impatiemment cinq Honduriens depuis la mi-avril.

« Depuis cinq ans, j'ai les mêmes travailleurs, c'est les mêmes procédures, les mêmes problèmes, mais cette année, on dirait qu'il [le gouvernement fédéral] ne veut pas qu'on les ait. »

Service Canada, qui gère les demandes, lui répond que les dossiers sont « en traitement », sans donner plus de précisions sur une éventuelle date d'arrivée.

« C'est un peu décourageant parce que je n'ai pas de réponse officielle. On patine », déplore Carl Tanguay, soulignant observer des retards dans tous ses contrats à cause de cette incertitude.

L'agence de recrutement de main-d'œuvre étrangère Arimé confirme qu'il s'agit d'une année « pénible » pour l'embauche de Guatémaltèques et de Honduriens.

Depuis quelques années, Ottawa a augmenté ses exigences afin d'assurer que les postes confiés aux travailleurs étrangers ne peuvent pas être occupés par une main-d'œuvre locale.

Des procécures plus longues

Les nouvelles procédures auraient allongé les délais. Cette étape, qui prenait de 8 à 10 semaines avant, s'étire maintenant sur 15 à 20 semaines, selon Alain Jacques, directeur général d'Arimé.

Les demandes bloquent ensuite à l'étape de l'émission des visas. « Si on prend l'exemple de l'ambassade du Canada au Guatemala, ça leur prend en moyenne 9 semaines pour sortir un visa. Ce qui est curieux quand même parce que ce sont des travailleurs qui sont déjà venus dans le passé, qui ont déjà un historique ici au Canada », souligne M. Jacques.

Selon Alain Jacques, la communication est difficile avec Service Canada. « C'est très difficile d'avoir une communication bilatérale, d'expliquer les problèmes, où ça devient illogique, où ça devient difficile de rencontrer les exigences du programme. »

Le propriétaire de Maxi-Paysage a installé une immense enseigne devant son entreprise pour tenter de recruter des journaliers en aménagement paysager.

Mais selon lui, le travail manuel n'attire plus les Québécois ni les étudiants. Ces derniers jours, trois nouveaux employés ont quitté l'entreprise parce que l'ouvrage était trop difficile.

Les Honduriens, eux, sont « fiables » et « endurants », fait valoir la contremaîtresse de Maxi-Paysage, Christine Desruissaux.

Service Canada n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

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