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Des vidéos de l'école du pasteur Guillot dévoilées

La poursuite a déposé en preuve des vidéos tournées à la résidence du pasteur Claude Guillot qui montrent le régime de vie auquel ses pensionnaires ont été soumis.

« Je ne sais même plus quoi faire avec ma vie, je passe mes journées à ne rien faire », se plaint un garçon qui semble désemparé devant la caméra.

Selon un témoin entendu au procès du pasteur, cet élève a été soumis à la punition ultime, c'est-à-dire d'être mis à l'écart, sans tâche à accomplir.

Il est sermonné devant les autres élèves de la classe.

Alors que la caméra reste braquée sur l'adolescent, on entend Guillot le menacer de passer sa vie sur l'aide sociale.

« C'est facile de paresser, c'est facile d'être lâche. C'est facile de chercher à ne rien faire, de faire ce que tu aimes et de rire de n'importe quoi », lui reproche Guillot.

Le frêle adolescent de 16 ans laisse alors tomber: « Je vois bien que je suis inutile, pis que je ne sers plus à rien ».

Il lui reproche de ne pas avoir saisi la chance que Dieu lui a donnée en le plaçant dans une résidence de pasteur, huit ans plus tôt.

Claude Guillot envoie ensuite l'adolescent en pénitence avant de se tourner vers un autre élève.

Ce dernier lui adresse la parole d'une voix de robot : « je vais faire tous les efforts pour vous plaire et m'en sortir ».

D'autres vidéos montrent les enfants transformer le sous-sol où ils dormaient la nuit, et faisaient la classe le jour.

Le matin, dans une exécution quasi militaire, on voit les enfants dégonfler les matelas gonflables et ranger la literie avant d'entreprendre une série de squats.

Le soir, les lits étaient réinstallés. Les élèves devaient s'exécuter dans un temps prédéterminé.

Contre-interrogatoire

Les vidéos ont été présentés pendant le témoignage de Simon* qui a levé le voile sur le régime de vie imposée par le pasteur.

Lors de son contre-interrogatoire, l'avocate de Claude Guilot a voulu démontrer que la vie chez le pasteur n'était pas aussi dure que celle décrite par le jeune homme.

Simon a convenu qu'il avait effectivement passé quelque temps en vacances dans un chalet avec la famille Guillot pendant un été et qu'il y avait également eu un voyage au Québec.

Par contre, il est resté sur sa position quand Me Suzanne Corriveau lui a soumis que la punition appelée la position « du debout » n'avait pas pu durer plus de cinq ou six jours.

Simon a répliqué en indiquant que ce châtiment avait débuté le 31 mars 2007 pour se terminer le 10 mai 2007, ce qui constituait bel et bien 41 jours.

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