L'anxiété chez les adolescents préoccupe la psychologue Nathalie Parent, qui constate qu'ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes à consulter pour trouble anxieux. Le Salon international du livre de Québec l'a invitée à rencontrer le public jeunesse mercredi midi à l'occasion d'un atelier sur l'anxiété et ses mécanismes.

Un texte de Jean-Simon Fabien

Chez les adolescents, l'anxiété peut prendre plusieurs formes et peut être causée par plusieurs facteurs : la réussite scolaire, les relations interpersonnelles ou amoureuses, la performance sportive, dit la psychologue et auteure d'Alex : Surmonter l'anxiété à l'adolescence, livre paru en 2014.

« Les adolescents sont dans l'action toute la journée, ils s'étourdissent en quelque sorte, si bien qu'ils ne ressentent pas toujours les malaises qu'ils vivent. Derrière l'anxiété, il y a beaucoup d'émotions qui sont non ou mal exprimées », indique la psychologue.

Mais les premiers signes d'anxiété surviennent dans de nombreux cas bien avant l'adolescence et la puberté. Nathalie Parent reçoit des enfants dès l'âge de 8 ans pour des consultations liées à l'anxiété. « Avant cet âge, elle [l'anxiété] se gère avec le jeu. À 8 ans, on développe la pensée rationnelle et, avec elle, on a moins de possibilités d'évacuer des émotions que l'on n'a pas encore appris à nommer. »

Nathalie Parent ajoute que les jeunes d'aujourd'hui sont de plus en plus connectés et que l'usage constant d'appareils électroniques peut contribuer au tourbillon de l'anxiété, notamment en altérant le sommeil.

Débouler le mythe

Sous forme de vrai ou faux, l'atelier interactif présenté par Nathalie Parent a pour objectif de démystifier les croyances liées à l'anxiété des adolescents. « Ce n'est pas que chimique, hormonal ou héréditaire. On part de là pour aborder différents sujets. »

Parmi ces sujets, la psychologue prend le temps d'exposer les différences entre le stress, l'angoisse et l'anxiété que l'on confond. Il est aussi question de prévention et de trucs pour tempérer l'anxiété.

« Plus on se connaît, plus on est en contact avec nos émotions, moins on est à risque de développer de l'anxiété. Il faut travailler sur la confiance et celle de son jeune, sur la détente et l'exercice physique aussi. »

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