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Desserte à l'aéroport Jean-Lesage : « Un manque de volonté politique », déplore un spécialiste

S'il n'existe pas encore un service de navette ou une liaison entre l'aéroport Jean-Lesage et le centre-ville de Québec, c'est en raison d'un manque de volonté politique, croit Michel Nadeau.

Le spécialiste qui a mené une étude sur la gouvernance des aéroports au Canada est catégorique : l'aéroport Jean-Lesage doit fournir un service de liaison directe avec le centre-ville, comme c'est le cas dans la plupart des villes canadiennes de taille comparable.

« Dans le cas de Québec, il est clair que les gens de l'aéroport devraient s'intéresser beaucoup plus à la liaison avec le centre-ville, parce que sur 2 millions de passagers, il y en a plusieurs qui ne peuvent pas se payer de taxis », soutient Michel Nadeau.

Le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP) ajoute que l'horizon de 2022 évoqué par le Réseau de transport de la Capitale (RTC) pour desservir l'aéroport, soit en même temps que l'implantation du service rapide par bus (SRB), n'est pas réaliste.

Ce service n'est pas qu'une question de rentabilité, souligne Michel Nadeau. « Évidemment, ça relève de la responsabilité du Réseau de transport de la Capitale, mais évidemment si l'aéroport de Québec veut accélérer les liaisons avec le centre-ville, on doit pousser. »

Michel Nadeau soutient donc qu'il faut d'abord « que la volonté politique soit plus forte ». D'autant plus que la Ville de Québec et celle de Lévis nomment la majorité des membres qui siègent au conseil d'administration de l'aéroport, souligne-t-il.

L'Aéroport en « conflit d'intérêts »

Michel Nadeau explique que le dossier de la desserte entre l'aéroport et le centre-ville tombe actuellement « entre deux chaises ».

D'un côté, le RTC affirme qu'il s'agit d'un parcours comme les autres et qu'il ne serait pas rentable d'assurer un tel service. De l'autre, la direction de l'aéroport Jean-Lesage se concentre actuellement sur la réalisation de travaux pour accroître sa capacité d'accueil à 2 millions de passagers, sans « penser à la desserte », constate Michel Nadeau.

Ce dernier évoque également un « conflit d'intérêts » à l'aéroport avec les revenus générés par les stationnements.

« Les stationnements à l'aéroport, c'est la 3e source de revenus, ça rapporte plus de 6 millions de dollars. Donc, ils souhaitent que les gens viennent avec leurs automobiles et ne prennent pas trop de transport en commun », analyse Michel Nadeau.

Québec est la seule capitale canadienne de plus de 500 000 habitants qui n'offre pas de service de transport en commun depuis l'aéroport.

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