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Desserte aéroportuaire : l'Office du tourisme de Québec interpelé

L'ancien président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Gilles Marcotte, croit que c'est à l'Office du tourisme de Québec d'assumer le leadership pour l'implantation d'une éventuelle navette aéroportuaire. L'Office avait pourtant rejeté un tel projet en 2013.

« Tous les organismes qui travaillent au développement du tourisme devraient contribuer », suggère M. Marcotte, qui a été à la tête du RTC en 2006. Déjà, à l'époque, l'idée d'une desserte vers l'aéroport Jean-Lesage était discutée, mais plus ou moins structurée », se rappelle-t-il.

Dix ans plus tard, il estime qu'il est temps que le dossier se concrétise. « On investit beaucoup d'argent dans les infrastructures dans l'aéroport avec le centre de prédédouanement. Donc, on a besoin d'une navette. C'est officiel. »

Selon Gilles Marcotte, le projet ne doit pas relever du Réseau de transport de la capitale, mais plutôt de l'Office du tourisme de Québec.

« Je ne suis pas convaincu que l'Office du tourisme n'est pas capable de dégager peut-être 500 000 $, 1 million par année pour opérer une navette ou une desserte. Il s'agit d'abord d'avoir les coûts exacts. »

Les hôteliers contribueraient indirectement par la taxe sur l'hébergement imposée sur les nuitées, souligne-t-il. Il propose également que l'aéroport et le Centre des congrès, notamment, paient une partie de la facture.

Au cours des derniers jours, l'Office du tourisme a refusé les demandes d'entrevues de Radio-Canada concernant le dossier de navette aéroportuaire.

L'organisation avait réalisé une étude de faisabilité qui s'est échelonnée sur trois ans, de 2011 à 2013, en partenariat avec le RTC et le Centre local de développement (CLD) de Québec.

« La seule chose que je peux vous dire sur les conclusions de l'étude est qu'il y avait des enjeux de rentabilité d'une possible navette », nous a répondu l'Office du tourisme par courriel.

En 2013, dans son rapport annuel, le conseil de l'Office du tourisme affirmait que le projet était reporté « à une date ultérieure, soit en 2018 ».

La rentabilité n'est pas un critère

L'ancien directeur général de la Ville de Québec, Serge Viau, plaide que la notion de rentabilité ne doit pas être considérée lorsqu'il est question de service public.

« C'est un service public qui doit être rendu à la population, comme les parcs. Il faut que les gens se rendent compte que quand on parle de service public, on parle de coûts, on ne parle pas de profit », affirme M. Viau, en réponse à l'actuel président du RTC, qui a affirmé qu'un tel projet n'aurait pas un rendement intéressant.

M. Viau fait l'analogie avec le Centre Vidéotron, un équipement public dont la rentabilité ne semble pas préoccuper la Ville. « Tout le monde admet qu'il n'est pas rentable pour les cinq ou six prochaines années, mais dans le cas de la navette [à l'aéroport] ça serait désastreux d'implanter un service déficitaire? », questionne-t-il.

L'Institut de développement urbain du Québec souligne que l'accès à l'aéroport est un enjeu de développement économique qui ne peut attendre la mise en service du service rapide par bus, prévue en 2022, comme l'envisage le RTC.

« De grâce, travaillez à une solution rapide pour déplacer les millions de personnes qui arrivent chaque année à l'aéroport, les accueillir correctement. C'est un défi collectif qu'on doit remplir collectivement », Stéphane Dion, directeur régional Québec de l'Institut de développement urbain du Québec.

 

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