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Discrimination à l'emploi pour les Maghrébins à Québec, selon une étude

À candidature égale, un candidat d'origine maghrébine aurait deux fois moins de chance d'être rappelé par un employeur à Québec qu'un québécois d'origine. C'est la conclusion d'un chercheur de l'Université Laval qui présente les résultats préliminaires de son étude au congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS).

L’étude Un test à l’embauche dans la région de Québec : discrimination des Arabo-musulmans ou privilèges des Blancs? est la première du genre à se pencher sur la réalité de la ville de Québec.

« Ça consiste à envoyer, pour l’accès au marché du travail, deux curriculum vitae équivalents dont la seule différence est le nom. On utilise par exemple Philippe Tremblay et quelqu’un d’origine maghrébine qui pourrait s’appeler Mohamed », explique Jean-Philippe Beauregard, chargé de cours en sociologie à l’Université Laval.

Un total de 404 curriculum vitae ont été envoyés pour 202 postes à pourvoir. Le taux de discrimination est calculé en fonction des convocations à une entrevue.

Selon le chercheur, les Maghrébins seraient appelés pour une entrevue deux fois moins souvent que les Québécois d’origine, même si les deux candidats fictifs présentaient un baccalauréat pertinent pour l’emploi et cumulaient sept années d’expérience auprès d’employeurs réputés.

« Ça peut mener au chômage pour certains candidats, mais parfois à une disqualification, donc des candidats qui sont obligés d’accepter des emplois qui sont en deçà de leur qualification », constate le chercheur.

35 % de discrimination à Montréal

Dans sa méthodologie, Jean-Philippe Beauregard s’est inspiré de l’étude de la Commission des droits de la personne qui a été menée il y a huit ans par un professeur de sociologie de l’UQAM. À Montréal, le taux de discrimination était d’environ 35 %.

« À Montréal, trois minorités avaient été étudiées. L’origine maghrébine, latino-américaine et afro-américaine. Les résultats sont sensiblement les mêmes d’une minorité à l’autre, mais il a été observé une discrimination un peu plus importante pour les Noirs », rapporte M. Beauregard.

Discrimination volontaire ou inconsciente?

Cette méthode a été utilisée pour déterminer la discrimination à l’accès à l’emploi. Toutefois, il est difficile de s'avancer sur les causes d'une telle discrimination.

« Mais dans la littérature, ce que l’on montre beaucoup, ce sont des préjugés et des stéréotypes qui sont à l’origine de la discrimination. Mais depuis une douzaine d’années, une autre théorie explique la discrimination à l’embauche par des biais inconscients. Donc l’employeur ne pose pas le geste de discrimination consciemment ».

Le chercheur croit que les employeurs devraient revoir leur stratégie d’embauche.

« C’est surtout d’informer, parce qu’il y a plusieurs personnes qui ne sont pas au courant de l’existence de telles études. Donc, le fait de les sensibiliser à cette question peut les amener à être conscients de ça et progressivement changer leur pratique. Mais c’est sûr que ça prend un meilleur suivi en milieu de travail pour s’assurer que les candidats qui sont compétents sont sélectionnés pour les entrevues. »

Parmi les 3000 congressistes provenant d’une trentaine de pays qui participent au congrès de l’ACFAS à Saguenay, quelque 250 chercheurs sont de l’Université Laval.

L’Association francophone pour le savoir se donne comme mission de promouvoir la science, la relève scientifique ainsi que les retombées des travaux de recherche.

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