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« Donnez durant les heures d’ouverture », implore la Saint-Vincent-de-Paul

Les comptoirs de dons de la région de Québec souhaitent que l'enquête de l'émission La Facture sur les vols fréquents dont ils sont victimes sensibilisera la population. Ils croient que la meilleure solution est de recevoir les dons uniquement pendant les heures d'ouverture des organismes d'entraide.

Un texte de Pascale Lacombe

« Après la fermeture, des fois il y a des gens qui se stationnent tout près et aussitôt que quelqu’un dépose un meuble ou de grosses pièces, les gens les ramassent au fur et à mesure », se désole la gérante de la Société Saint-Vincent de Paul à Beauport, Lise Huot.

« Après la fermeture, des fois il y a des gens qui se stationnent tout près et aussitôt que quelqu’un dépose un meuble ou de grosses pièces, les gens les ramassent au fur et à mesure », se désole la gérante de la Société Saint-Vincent de Paul du secteur Beauport, Lise Huot.

Elle estime que le tiers des dons est volé. Parfois, ce sont des enfants qui entrent dans les chutes pour dérober des dons. Rien ne semble arrêter les voleurs, pas même la surveillance faite par des employés ou encore les photos prises des voleurs.

« Ce n’est pas tout le monde qui le sait qu’on se fait voler. Ils donnent de bon cœur. Je dis souvent aux gens attendez que l’on soit ouvert sinon ça disparait », raconte Mme Huot.

Dispositifs de sécurité inefficaces

L’Armée du Salut, située sur le boulevard Wilfrid-Hamel à Québec, a déboursé 1 000 $ pour se munir de cadenas l’an dernier. Malgré tout, l’organisme estime avoir perdu 8 200 $ en raison de vandalisme.

« On reçoit les dons de la population. On dépend de ça. Je ne comprends pas ce que les gens peuvent faire avec ça, s’indigne le lieutenant de l’Armée du Salut Yves Bolduc. Il y a peu de profit à faire avec ça. C’est insignifiant comparé à l’aide que nous on peut apporter aux gens qui sont dans le besoin. »

Vols d’argent

Les deux organismes se sont aussi fait voler de l’argent. Il y a deux semaines, des malfaiteurs se sont introduits par une fenêtre de la Société Saint-Vincent de Paul, pourtant grillagée. Ils sont repartis avec la caisse qui contenait jusqu’à 300 $ de dons amassés durant les fêtes.

L’Armée du Salut s’est fait dérober, le 24 décembre, un coffre-fort qui contenait quelques milliers de dollars recueillis grâce aux recettes des paniers de Noël.

Nombreuses plaintes à la police

La police s'est rendue à l'Armée du Salut, affirme Yves Bolduc. « Elle a averti quelqu’un. Est-ce qu’elle peut faire plus? Je ne sais pas. Elle ne peut pas placer quelqu’un 24 h sur 24 h. On comprend qu’ils sont un peu limités eux aussi. »Même son de cloche à la Société Saint-Vincent de Paul qui fait des plaintes fréquemment à la police. « Ils ne peuvent pas faire grand-chose. Ils sont venus, ils ont pris des empreintes, mais il faut qu’ils aient des dossiers pour les identifier », affirme Mme Huot.

Le Service de police de la Ville de Québec dit devoir prioriser les plaintes. En conséquence, les dossiers de vols des organismes d’aide aux démunis passent souvent en deuxième.

Avec les informations de Camille Simard

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