Retour

Douches en CHSLD : François Marcotte souhaite poursuivre le combat

Son histoire a ému tout le Québec. François Marcotte, atteint de sclérose en plaques, a réussi à amasser plus de 30 000 $ lors d'une campagne de sociofinancement en mai dernier pour lui permettre de prendre trois douches par semaine dans le Centre d'hébergement de soins de longue durée où il habite. Son but étant atteint, l'homme de 43 ans entend poursuivre son combat au nom de tous les résidents des CHSLD.

Un texte de Camillle Simard

« Je suis heureux d'avoir réussi personnellement, mais je suis aussi heureux d'avoir ouvert un front », affirme François Marcotte dans sa chambre du centre d'hébergement du Boisé à Québec, où il habite depuis juin 2015.

François Marcotte peut maintenant compter sur une préposée au privé pour l'aider à se doucher trois fois par semaine. Ce n'est pas le cas des autres résidents dans sa situation, qui n'ont droit qu'à un bain par semaine. C'est pourquoi il interpelle le gouvernement libéral afin que les besoins des résidents soient mieux ciblés.

Au printemps dernier, le ministre de la Santé Gaétan Barrette s'est attiré de nombreuses critiques en affirmant que les soins d'hygiène dans les CHSLD étaient adéquats dans la majorité des cas et que « l'hygiène pouvait s'exercer sans bain. » 

« La clientèle est hétérogène dans les centres d'hébergement. Il y a des gens pour qui un bain par semaine, peut-être que ça va être suffisant, mais il y en a d'autres comme moi, où c'est insuffisant. Alors, je demande qu'on évalue les gens, les besoins. Ce n'est pas aux usagers à s'adapter aux besoins du système » soutient-il.

François Marcotte s'appuie sur un rapport publié en juin 2016 sur les conditions de vie des adultes hébergés en CHSLD. Selon les professionnels de la santé consultés dans cette étude, l'âge des résidents est variable et les besoins sont très diversifiés selon les résidents. 

Présence à l'Assemblée nationale

François Marcotte est invité à l'Assemblée nationale mercredi à titre de porte-parole pour la Société canadienne de la sclérose en plaques.

Il veut entre autres témoigner de la place des jeunes adultes en centre d'hébergement. « Est-ce qu'on doit privilégier des centres d'hébergement réservés à une clientèle plus jeune? C'est le genre de question qu'il faut poser » illustre-t-il.

En plus de mener ce combat politique, François Marcotte profite d'une nouvelle liberté. Grâce à l'argent amassé avec la campagne de sociofinancement, il a pu se procurer un nouveau véhicule adapté.

« Cet été, j'en ai profité pour aller voir ma famille, sortir de Québec, me donner un peu de liberté », raconte-t-il.

François Marcotte achève aussi d'écrire un roman, grâce à un système de reconnaissance vocale qui lui permet de se servir d'un ordinateur.

Lourdement handicapé, l'homme se déplace dans un fauteuil roulant et il est incapable de se servir de ses mains.

« C'est la vie d'un homme à travers les hivers de sa vie; l'hiver ce n'est pas juste une saison; ce qu'on a dans la tête, ce qu'on a dans le coeur. »

Porté par les derniers mois, il admet se sentir impliqué plus que jamais, et ce, malgré son handicap.

« On revient un peu à 20 ans en partie. Oui, je me sens vivifié », reconnaît-il, sourire en coin.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?