Retour

Drame familial de Saint-Isidore : le fanatisme religieux en cause

Dans son rapport d'investigation sur le drame familial de Saint-Isidore et Sainte-Croix survenu en février 2014, le coroner Luc Malouin conclut que Martin Godin avait une personnalité rigide et fanatique orientée exclusivement vers des préceptes religieux, ce qui l'aurait mené à tuer ses deux filles, sa femme et le nouveau conjoint de cette dernière.

En 30 ans de carrière, le coroner Malouin dit n'avoir jamais eu à faire face à un tel cas de fanatisme religieux. Le coroner s'est penché sur les meurtres commis par l'homme de 54 ans qui a ensuite retourné l'arme contre lui.

Le coroner constate que la religion et la Bible occupaient une place importante dans la vie du père de famille et que la nouvelle relation de sa conjointe semble le motif principal de ses gestes. « Dans son délire meurtrier, il a oublié le sixième commandement : "Tu ne tueras point" », note le coroner.

Il relève notamment un passage de la lettre de suicide laissée par Martin Godin.

Fil des événements

Le rapport permet d'en apprendre davantage sur le fil des événements. Selon le coroner, Martin Godin était manifestement contrarié dans la soirée du 1er février quand sa femme, Nancy Samson, a annulé une rencontre qui devait porter sur leur situation matrimoniale, le couple étant séparé depuis quelques semaines.

M. Godin, qui soupçonnait sa femme d'entretenir une relation extra-conjugale, s'est rendu à leur chalet de Sainte-Croix de Lotbinière pour y voir Mme Samson, qui y habitait depuis leur rupture. À son arrivée, sa femme et son nouveau conjoint, Benoît Daigle, étaient à l'extérieur du chalet. Sans dire un mot, iI ouvre le feu sur eux. Nancy Samson a tout juste le temps d'appeler le 911 avant de mourir sous les balles du calibre .16 de son mari. Martin Godin achève l'amant de sa femme en lui donnant un coup de crosse au visage.

Martin Godin rentre ensuite chez lui à Saint-Isidore d'où il appelle un ami, vers minuit, à qui il raconte avoir trouvé sa femme avec un autre homme. « Ce soir, on s'en va au ciel, je veux que nos funérailles se fassent à L'Eau-Vive », a-t-il mentionné à son ami qui a tenté sans succès de le raisonner. Cet ami a appelé le 911.

Six heures plus tard, les policiers de la Sûreté du Québec entrent dans la résidence et trouvent les corps de Martin Godin et de ses deux filles. Médora, 13 ans, était morte, Béatrice, 11 ans, et son père sont morts plus tard à l'hôpital.

Le coroner Malouin refuse de commenter ce délai d'intervention. La SQ étudie le rapport avant de décider si elle fera des commentaires ou pas.

Crimes imprévisibles

Dans l'entourage de M. Godin, personne n'avait vu venir le drame. Même si ses proches le décrivent comme « une personne dépressive, impulsive et colérique », il n'a jamais levé la main sur sa femme ou ses filles.

Dans sa lettre de suicide, Martin Godin affirmait : « Personne n'a souffert. Mes deux trésors ont été endormis avec une médication. » Les analyses toxicologiques n'ont pourtant retracé aucune substance, et les deux adolescentes ont chacune reçu un projectile dans la tête.

Un rapport de coroner contient généralement des recommandations. Or, dans ce cas-ci, Luc Malouin avoue s'être questionné longuement avant de décider de ne pas en faire.

Après avoir analysé l'événement, Luc Malouin ne voit aucune recommandation qui pourrait permettre d'éviter qu'un tel drame ne se reproduise.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine