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Du porte-à-porte contre le projet de cimetière musulman

Des opposants à la venue d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire, dans la MRC de Lotbinière, effectuent du porte-à-porte pour inciter les citoyens à rejeter le projet.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Sunny Letourneau, membre du groupe d'opposants réuni sous le nom de l’Association de l’alternative citoyenne, dit être obligée d’agir pour bloquer le projet. Elle invoque ce qu'elle qualifie de « refus de s'intégrer » de la communauté musulmane pour expliquer son opposition.

« Ils refusent de s’intégrer avec les autres. Ils veulent s’isoler des autres », dit-elle.

L’Association de l’alternative citoyenne visite les habitants de la zone visée par le projet afin de les inciter à demander l'ouverture d'un processus référendaire. Les résidents de la municipalité de Chaudière-Appalaches ont jusqu’au 26 avril pour demander un référendum sur la modification de zonage qui doit permettre l’exploitation d’un cimetière.

Ce droit est toutefois réservé aux personnes qui habitent à proximité du site ciblé par le Centre culturel islamique de Québec. Les opposants qui demeurent au-delà des limites de cette zone veulent tout de même avoir voix au chapitre en incitant les personnes faisant partie du secteur visé à se prononcer.

Au total, une centaine de personnes ont le droit de se prononcer sur le projet. Seulement 16 signatures pourraient être nécessaires pour obliger la tenue d’un référendum si celles-ci représentent la majorité des citoyens habiles à voter dans une zone visée.

Mme Létourneau souhaite que le plus de gens possible demandent l'ouverture du registre.

« Nous, on accepte tout le monde, qu'il soit pour ou contre. Ouvrir la liste pour pouvoir s'inscrire au registre, c'est pour les gens des deux côtés », affirme Sunny Letourneau.

Ces propos inquiètent le maire de la municipalité. Bernard Ouellet rappelle que les citoyens qui ne s’opposent pas au cimetière n’ont pas à demander l’ouverture d’un registre. Ce processus ne ferait que retarder la réalisation du projet et engendrer des frais supplémentaires à la municipalité.

« Si les gens savent en quoi le projet consiste et ne se font pas influencer négativement par des fausses données, il n'y a pas de problème, on va respecter ça. Mais, on ne sait pas de quelle manière c'est vendu », déplore le maire qui dit avoir peu de pouvoir pour contrer cette démarche citoyenne.

Sunny Letourneau assure que 80 % des gens visités sont contre le projet de cimetière. « Je suis très à l’aise à ce qui appelle les gens. »

Un citoyen qui a reçu la visite des opposants relate avoir aperçu « une bonne dizaine de signatures » sur la pétition.

« Gagner du temps »

En forçant la municipalité à enclencher le processus référendaire, le groupe d’opposants souhaite « gagner du temps » pour convaincre le Centre culturel islamique de Québec d’opter pour le développement d’un cimetière multiconfessionnel.

« Une bonne partie de notre groupe, on était 13, on s'est mobilisé pour aller à la réunion du conseil pour simplement demander au maire de retarder le projet de 30 jours, explique Mme Letourneau. On a juste demandé 30 jours parce qu'on sait, avec des gens avec qui on a des liens qui font partie de l'Association de la Sépulture musulmane au Québec qu'il y avait un plus beau projet qui s'en venait pour ouvrir la porte à tout le monde ».

L’entreprise funéraire Lépine Cloutier a d’ailleurs annoncé la création d’une section musulmane dans l’un de ses cimetières de Saint-Augustin-de-Desmaures. Le Centre culturel islamique de Québec rejette toutefois cette idée.

Le responsable du projet de cimetière musulman, Mohamed Kesri, explique qu’un cimetière multiconfessionnel ne permet pas de respecter les rites religieux exigés par certains membres de la communauté.

« Nous on veut un terrain qui va nous appartenir. On ne veut pas être locataire. On veut avoir notre cimetière musulman de Québec », répond Mohamed Keskri.

Si le processus référendaire était enclenché, seuls les citoyens qui habitent à proximité du site visé pourraient se prononcer. Les membres de l'Association de l'alternative citoyenne n'en font pas partie.

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