La Seigneurie de Liret vient de mettre en marché les premiers vins produits à partir de raisins certifiés biologiques de l'île d'Orléans. Pour les propriétaires Louise Bédard et Gaétan Demers, c'est un rêve qui est devenu réalité après sept ans de dur labeur.

Un texte de Marie Maude Pontbriand

Le couple de sexagénaires de Québec est propriétaire d'une entreprise dans le domaine de l'isolation industrielle depuis une trentaine d'années, mais Gaétan rêvait depuis longtemps d'acheter une terre, un tracteur et de démarrer un vignoble.

Le vignoble, il n'en avait pas parlé à sa femme. Alors quand la terre et le tracteur ont été achetés à Sainte-Famille sur l'île d'Orléans, Gaétan a convaincu Louise de se procurer quelques vignes pour le plaisir.

Quand le livreur est arrivé avec un chargement de 10 000 plants, elle croyait qu'il faisait erreur. Pourtant le bon de commande du livreur faisait bien état de 10 000 vignes pour un certain monsieur Gaétan Demers.

Louise Bédard, celle qui n'avait pas le pouce vert en 2011, a appris le métier de vigneronne sur le terrain.

« C'est du vivace. Ça fait que plus les années passent, plus tu t'attaches et tu prends goût. »

Monsieur est en charge de la construction du domaine et de l'élaboration des vins.

Madame cajole les vignes presque sept jours sur sept, sept mois par année. Elle ne boit pas une goutte de vin, elle n'aime pas l'alcool.

Leur fils Sébastien et leur fille Marie-Katelyne sont aussi impliqués dans l'entreprise familiale.

Ils sont accompagnés par l'oenologue Richard Bastien, qui n'a pas hésité à plonger dans l'aventure.

« Des vins bios et effervescents sur l'île d'Orléans avec un terroir, pour moi, c'était super ! »

Le champagne de l'île d'Orléans

Gaétan et Louise cultivent six cépages, dont le pinot meunier. Ils sont parmi les rares vignerons québécois à cultiver ce cépage de type vitis vinifera, souvent utilisé dans l'élaboration des champagnes traditionnels.

Les vitis vinifera sont des cépages provenant notamment d'Europe, comme le chardonnay, le merlot, le cabernet sauvignon. Ils sont plus difficiles à cultiver ici, souligne d'ailleurs le chroniqueur vin Rémy Charest. Ils demandent une protection hivernale.

« C'est plus de travail, mais ça se fait et on voit des qualités de ce côté-là qui sont très grandes », précise-t-il.

À la Seigneurie de Liret, on utilise des couvertures isolantes.

Parmi les quatre vins mis en marché il y a un mois, il y a justement « un champagne qu'on ne peut pas appeler champagne, parce qu'on n’est pas dans la région de Champagne », explique Louise Bédard.

Ils ont baptisé ce vin mousseux Nuage effervescent. Il a d'ailleurs été servi aux conjoints et conjointes des chefs d'État lors d'un souper en marge du Sommet du G7.

L'oenologue Richard Bastien est heureusement surpris du résultat.

« C'était un pari. Il y avait un gros point d'interrogation au départ et puis là, quand on voit le succès qu'a la première cuvée, ça fait sauter les interrogations qu'on avait au départ. Ça nous encourage même à en planter davantage. »

Une popularité inespérée

À peine quatre semaines après l'arrivée de leurs vins sur le marché, ils en ont vendu plus de la moitié. À ce rythme, ils seront en rupture de stock avant la fin de l'année. Leurs produits sont en vente dans quelques épiceries fines de Québec et des restaurants.

« Ce qu'on vend ces temps-ci, je n'en reviens pas », souligne Gaétan Demers, qui rappelle qu'il n'était pas vigneron il y a quelques années.

Plusieurs sommeliers ont dégusté leurs vins dans les dernières semaines. Le couple n'ent revient toujours pas de la réception de ses produits.

« Les sept années qu'on vient de passer de travail et de fatigue, c'est derrière nous on est prêt à continuer », s'exclame Louise Bédard tout sourire.

À part la Seigneurie de Liret, deux autres vignobles des régions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches produisent des vins à partir de raisins biologiques : le vignoble Maurice Dufour, à Baie-Saint-Paul, et le Domaine Small, à Sainte-Agathe-de-Lotbinière.

Selon le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), une quinzaine de vignobles québécois sont certifiés biologiques.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les 10 meilleures destinations vacances lorsqu'on est végane





Rabais de la semaine