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École obligatoire jusqu’à 18 ans : le milieu de l’éducation peu favorable

L'idée d'imposer l'école obligatoire jusqu'à 18 ans ne semble pas faire consensus dans le milieu de l'éducation, qui met en doute la mesure pour favoriser la réussite éducative et contrer le décrochage scolaire.

Dans le cadre de sa nouvelle Politique de la réussite éducative annoncée mercredi, le gouvernement Couillard envisage la possibilité d'imposer l'école obligatoire jusqu'à l'âge de 18 ans ou jusqu'à l'obtention d'un premier diplôme ou d'une première qualification. L’âge de fréquentation scolaire obligatoire est actuellement fixé à 16 ans.

Le milieu de l'éducation ne semble toutefois pas favorable à la proposition. Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), n’est pas convaincue que la mesure contribuerait à la réussite éducative et règlerait le problème du décrochage scolaire.

« Même dans le milieu de la recherche, tout ça, ça ne fait pas consensus que ça contribue à la réussite éducative, donc pour nous ça devrait être une question qui mériterait au moins qu'on continue d'en discuter », dit-elle.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) croit pour sa part qu’il faudrait d'abord bonifier les budgets et ajouter des services dans le réseau actuel de l'éducation.

« Avant de penser à forcer des élèves à rester sur les bancs d’école jusqu’à 18 ans, est-ce qu’on pourrait s’occuper de ceux qui doivent y rester jusqu'à 16 ans? Ça veut dire faire de l’intervention précoce et aussi rendre disponibles les ressources et les services qui ont manqué cruellement au cours des dernières années », fait valoir Sylvain Malette, président de la FAE.

Source de motivation

Une enseignante à l'École secondaire Pointe-Lévy, Nathacha Bouchard, estime pour sa part qu’une telle option est loin d'être une source de motivation pour les jeunes qui ont de la difficulté à poursuivre leurs études jusqu’à 16 ans.

« On voit difficilement chez les jeunes que ce soit une motivation et que ça aide vraiment, on se retrouve avec des jeunes qui des fois jusqu’à 16 ans font du temps sur les bancs d’école », illustre-t-elle.

Elle estime que plus de soutien à l’école, une implication de tous les acteurs du réseau de l’éducation de même que des parents serait plus efficace qu’une obligation.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, souligne que le gouvernement n’a pas annoncé de décision ferme, mais une « intention d’y réfléchir ». La mesure, dit-il, si elle est mise de l’avant, devra l’être pour les bonnes raisons et avec des moyens différents pour que les élèves voient l’intérêt à demeurer en classe.

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