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Écrasement mortel à Lévis : l’enquête en cours

L'épave de l'avion qui s'est écrasé hier, à Lévis, a été extirpée de la rivière Etchemin par hélicoptère dimanche, en début d'après-midi. La Sûreté du Québec et le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada tentent maintenant de déterminer les causes de l'écrasement.

Rappelons qu'Yves Savard, 63 ans, et sa passagère Clara Cossec, 21 ans, sont morts dans l'écrasement de l'avion biplace qui s'est fracassé sur une ligne à haute tension d'Hydro-Québec.

Les enquêteurs du BST sont arrivés à Lévis dimanche après-midi afin d’examiner les pièces de l’avion et analyser les lieux. Peu de temps après le retrait de l'avion de la rivière, l'enquêteur Denis Deroy a indiqué qu'il serait déplacé dans un lieu sûr afin de faciliter leur travail.

« On a récolté certaines pièces qui peuvent être importantes dans l'enquête, entre autres des GPS [...] qui pourraient nous donner des vitesses, des positions, des choses comme ça. »

La carcasse de l'appareil devrait normalement prendre la route du laboratoire du BST situé à Ottawa pour y subir une analyse approfondie.

Les enquêteurs devront scruter les communications entre le pilote et la tour de contrôle, les radars, les licenses du pilote, l'historique de l'entretien de l'avion, puis rencontrer des témoins et des membres de la famille du pilote, notamment.

Des problèmes avec la manette des gaz

L'enregistrement audio des communications entre Yves Savard et la tour de contrôle démontrent qu'au début du vol, le pilote éprouvait des problèmes avec sa commande de puissance, aussi appelée manette des gaz.

À peine deux minutes après avoir signalé l'anomalie, le pilote indique à la tour de contrôle que tout est rentré dans l'ordre. Il décide alors de poursuivre sa balade vers l'île d'Orléans et le nord de Québec.

Moins d'une trentaine de minutes passent et il revient du côté sud du fleuve. Il demande alors au contrôleur l'autorisation de descendre à moins de 1500 pieds d'altitude, ce qui lui est accordé. Le contrôleur lui indique toutefois qu'il arrive dans une zone de lignes de haute tension.

Il s'agit de la dernière communication entre Yves Savard et l'aéroport. Quelques instants plus tard, il heurte un fil électrique au-dessus de la rivière Etchemin, dans laquelle chute son avion.

Le spécialiste en opérations aériennes, Charles-Éric Lamarche, indique qu'il est trop tôt pour avancer des explications. « Évidemment, on n'est pas dans l'appareil. On ne connaît pas cet appareil. Le pilote, lui, le connaît depuis trois ans », dit-il.

Normalement, la chose à faire pour à peu près n'importe quel pilote commercial serait au moins d'atterrir pour aller faire vérifier. Mais a-t-il convenu que c'est une erreur de sa part? Est-ce que c'est lui qui a mal géré ses commandes? On ne le sait pas [...], mais il a quand même jugé que c'était assez sécuritaire de continuer sa route.

Charles-Éric Lamarche, spécialiste en opérations aériennes

Un pilote prudent, selon son formateur

René Boisvert a été formateur d'Yves Savard, il y a quatre ans. Selon lui, M. Savard était un pilote prudent, un retraité qui avait le rêve de voler, qui ne sortait son avion que par jour de beau temps et qui était toujours de bonne humeur.

« Il volait pour son plaisir, alors s’il faisait beau, il y allait. Et s’il ne fait pas beau, [il repoussait son vol au] lendemain », souligne M. Boisvert

Selon le formateur, « quelque chose a dû se passer » pour que l’avion heurte un fil électrique. « Y a-t-il eu un problème mécanique? N'a-t-il simplement pas vu les fils électriques? » demande-t-il.

Des fils haute tension, c'est très visible au sol [mais] en avion, c'est pas mal moins visible [...] Pour être à la hauteur des lignes de tension, il faut qu'il y ait un problème quelconque. Sinon, il aurait été bien au-dessus de ça.

René Boisvert, ex-instructeur de vol d'Yves Savard

Yves Savard savait comment procéder à un atterrissage d'urgence, soutient M. Boisvert. « Il maîtrisait bien les manœuvres », assure-t-il.

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec et du BST ont quitté la scène de la tragédie en milieu d’après-midi, dimanche.

Le corps d'Yves Savard a été transporté à Montréal pour y subir une autopsie.

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