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Edmonton, une ville mieux adaptée à l’hiver que Québec?

La ville de Québec a beau s'être vu décerner le titre de meilleure destination hivernale en Amérique du Nord par USA Today, elle pourrait exploiter encore plus sa nordicité en s'inspirant, notamment, de la capitale albertaine, Edmonton.

« On fait plein de choses merveilleusement bien à Québec. On le voit avec la patinoire de la place D’Youville, le Carnaval, avec toute l’offre hivernale qu’on a autour dans la région, mais je pense qu’on pourrait faire mieux », affirme Olivier Legault, spécialiste en aménagement urbain hivernal.

Selon lui, la ville de Québec devrait offrir davantage d’activités hivernales en milieu urbain afin de tirer profit au maximum de sa situation géographique.

« On va faire du ski, on va aller en montagne, on va faire du ski de fond, mais il [faut se demander] comment, finalement, développer une offre d’activité en ville, là où il y a beaucoup de contraintes, là où on doit chasser la neige. C’est ça le défi », souligne le conseiller en aménagement du territoire et urbanisme pour l’organisme Vivre en Ville.

Concept de ville d’hiver

Ce défi, la ville d’Edmonton est parvenue à le surmonter en recentrant sa stratégie d’aménagement autour du concept de ville d’hiver. Olivier Legault raconte que la municipalité a réfléchi aux moyens d’aménager une ville contemporaine qui est à la fois agréable à vivre et attrayante.

« Ils arrivent à modifier leur code d’urbanisme pour que ça respecte ces principes-là. Ils arrivent à créer de nouvelles attractions au centre-ville, les illuminations ont été accentuées un peu partout, donc ils sont en train finalement d’arriver aux actions concrètes qui suivent leur réflexion », fait-il remarquer.

Au niveau de l’aménagement des quartiers puis des milieux de vie, je pense qu’Edmonton est en avance sur Québec.

Olivier Legault, urbaniste

La tour Fresk, un contre-exemple?

Olivier Legault croit que la construction de la tour Fresk à la place Jacques-Cartier, au centre-ville de Québec, est un bel exemple de projet urbain qui n’a pas été conçu en fonction de l’hiver. Il explique qu’une quantité importante de vent frappe la structure avant d’être projetée vers le sol, un phénomène attribuable au fait que la tour dépasse de plusieurs étages les bâtiments avoisinants.

« La place Jacques-Cartier, c’est là où les gens attendent l’autobus, ils restent immobiles. C’est une place qui pourrait être valorisée, on pourrait avoir plus d’activités hivernales [mais] on vient de créer un corridor de vent en construisant une tour qui, finalement, n’a pas d’aspect architectural qui pourrait permettre de diluer le vent, qui pourrait le diffuser », déplore l’urbaniste.

L’hiver, un atout majeur pour le tourisme

En plus de repenser l’aménagement urbain en fonction de l’hiver, la ville de Québec gagnerait à miser davantage sur sa nordicité si elle souhaite attirer plus de touristes. Le directeur général de l’Office du tourisme de Québec, André Roy, mentionne que la neige et le froid sont des atouts importants de la capitale nationale.

« Pour certaines personnes, certains pays, la neige, c’est vraiment exotique. Alors, il faut se le dire. Nous, on vit là-dedans, on est habitué, on aime ça ou on n’aime pas ça, ça dépend, mais je pense que pour quelqu’un qui n’a jamais vu d’hiver, qui n’a jamais vu de neige, venir profiter d’un hiver à Québec, c’est extraordinaire », fait valoir M. Roy.

Si le froid peut être un atout pour attirer de nouveaux visiteurs, il peut également en rebuter plusieurs, d’où l’importance, insiste André Roy, de ne pas dramatiser les températures hivernales.

« Il faut faire attention, l’hiver, il ne fait pas moins 40 tout le temps. J’entends souvent des météorologues parler de vortex polaire, ce n’est pas très vendeur, dit-il. On souhaite que les gens viennent profiter de l’hiver. »

On est passé du facteur éolien au vortex polaire, ça va être quoi la prochaine catastrophe?

André Roy, directeur général de l'Office du tourisme de Québec

À l’instar d’Olivier Legault, André Roy croit que la ville de Québec, même si elle offre de « très beaux produits d’hiver », « devrait en faire plus ». Il reconnaît toutefois que la tâche peut s’avérer ardue. « L’hiver, ce n’est pas nécessairement un produit qui est facile à vendre, mais il faut le faire, on l’a. C’est une richesse, c’est une opportunité qu’on a. »

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