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Élan de solidarité pour les victimes des agressions à l'Université Laval

Environ 500 personnes se sont rassemblées mercredi soir sur le campus de l'Université Laval à l'occasion d'un rassemblement pour soutenir les victimes d'une série d'agressions survenues dans les résidences du campus.

Des représentants de l'Université, des intervenants et des politiciens de différentes allégeances se sont adressés à la foule, mais des femmes ont aussi pris le micro pour raconter leur expérience.

« S'il y a des femmes qui ont pu profiter de cette tribune-là pour exprimer des choses, c'était une excellente raison de plus d'avoir tenu cette rencontre-là », a commenté le professeur au Département de science politique Thierry Giasson.

C'est grâce à son initiative que la communauté universitaire s'est rassemblée devant le pavillon Alphonse-Marie-Parent, là où les agressions se sont produites. La police enquête maintenant sur 15 plaintes d'intrusion et d'agression à caractère sexuel.

Le recteur Denis Brière chahuté

Le passage au micro du recteur Denis Brière a été particulièrement difficile. Il a été hué avant même d'avoir pu prononcer un mot et la foule est allée jusqu'à réclamer sa démission pour avoir tardé à s'adresser à la communauté universitaire cette semaine.

« Trop peu, trop tard! » ont scandé les étudiants rassemblés pendant que le recteur peinait à lire son discours.

Après l'événement, Denis Brière a fait valoir aux médias que ce n'était pas la première enquête avec laquelle il devait composer sur le campus. Lors des précédentes, parfois concernant des employés de l'Université, il lui était impossible, voire interdit de commenter publiquement.

Denis Brière a admis que la situation actuelle était différente. « Je m'engage, avec la communauté, à construire des projets pour vraiment éliminer le plus possible les agressions sexuelles, il n'y a pas de demi-mesures là-dedans », a-t-il soutenu.

Des actions à venir

La ministre de l'Éducation supérieure, Hélène David, a elle aussi promis des actions concrètes de la part du gouvernement pour mettre fin aux agressions sexuelles dans les milieux universitaires. Pour y arriver, elle a demandé la collaboration des autres formations politiques.

« Nous allons poser des gestes, il faut de l'action, il faut de la parole. Ce soir, c'est le début d'une action d'une immense importance. On voudrait tellement que ces choses-là ne se passent pas, ne se passent plus jamais », a-t-elle déclaré à la foule qui l'a chaudement applaudie.

Tout comme Hélène David, la députée péquiste Agnès Maltais a elle aussi reçu un accueil chaleureux des étudiants dès le début de son discours.

« Vous comprenez ma colère, a lancé la députée très impliquée dans les causes concernant les femmes. Ça fait des années qu'on se bat. Ça fait des années qu'on dit que notre corps nous appartient », a-t-elle lancé.

« Ce combat, que nous avons entrepris depuis tant de temps, il est maintenant partagé non seulement par les femmes, mais par les hommes du Québec. Cette solidarité, elle est importante », a ajouté Agnès Maltais à l'intention des nombreux hommes présents dans la foule.

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