C'est pour bâtir sa renommée et pour une question d'argent qu'Eleider Alvarez a accepté de mettre en jeu son statut d'aspirant obligatoire WBC des mi-lourds face à Lucian Bute.

Un texte de Jean-François Chabot

Rencontré jeudi dans le cadre d’une séance d’entraînement publique tenue dans un gymnase du nord de l’île de Montréal, Alvarez ne s’est pas caché derrière des faux-fuyants.

« Je veux me faire un nom à Québec et au Québec » a d’abord expliqué Alvarez. Ce dernier est pourtant installé ici depuis 2009 au terme d’une belle carrière chez les amateurs qui l’a conduit jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin en 2008 sous les couleurs de la Colombie.

« Je ne suis pas aussi connu que Lucian Bute, mais je le serai bientôt parce que je vais mettre fin à sa carrière le 24 février » a ensuite lâché Alvarez (21-0-0, 10 K.-O.).

La deuxième raison qui motive Alvarez, qui était pourtant déjà l'aspirant obligatoire à la ceinture d'Adonis Stevenson, est le fait qu’il touchera la meilleure bourse de sa carrière.

Aux dires même de son entraîneur Marc Ramsay, Alvarez gagne en ce moment à peine de quoi subvenir à ses propres besoins. En acceptant ce défi, il pourra aussi soutenir sa conjointe et sa fille de 6 ans qui résident toujours en Colombie.

Enfin, Bute (32-3-1, 25 K.-O.) est gaucher, comme l’étaient ses deux adversaires précédents, et comme l’est aussi le détenteur de la ceinture WBC, Adonis Stevenson.

La confiance règne

Alvarez contribue lui-même financièrement à sa préparation en y consacrant une portion significative de sa bourse.

C’est la raison pour laquelle des boxeurs aussi aguerris que Blake Caparello (24-2-1, 8 K.-O.) et André Dirrell (24-2-0, 16 K.-O.) sont venus servir de partenaires d’entraînement au cours des dernières semaines.

Caparello a subi ses deux revers aux mains de Sergey Kovalev et de Dirrell lui-même. Ce dernier s’est quant à lui incliné devant Carl Froch et James DeGale.

Toujours selon Marc Ramsay, rien n’a été laissé au hasard dans la préparation médicale, physique et psychologique de son protégé.

Bute représente-t-il un risque? Ramsay est d’avis que le risque est moins grand face à Bute. Il ne faut pas oublier que Bute livrera seulement un deuxième combat chez les mi-lourds et que sa première expérience dans cette catégorie face à Jean Pascal s’était avérée un fiasco.

Ramsay ajoute qu’en attendant, Adonis Stevenson (39 ans) ne rajeunit pas et que cela aussi risque d’avantager Alvarez. Le champion n'a pas fait face à une oppostion digne de ce nom au cours des 24 derniers mois.

L’avenir nous permettra de vérifier le vieil adage qui dit « qui choisit, prend pire ».

Note : La prévente pour le gala du 24 février au Centre Vidéotron de Québec dépasse les 4000 billets. Groupe Yvon Michel espère une foule de 10 000 fervents dans une configuration qui pourrait en accueillir au maximum 12 000.

Plus d'articles