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Élèves suspendus : les jeunes devront faire face à la justice

Les élèves du Séminaire des Pères Maristes soupçonnés d'avoir partagé des photos à caractère sexuel de trois adolescentes ont été arrêtés par la police de Québec.

Après avoir été interrogés par les enquêteurs, les six adolescents de 12 et 13 ans qui fréquentent l’établissement scolaire ont été arrêtés et libérés sous promesse de comparaître, explique Mélissa Cliche, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

« Notre unité qui travaille spécialement dans l’exploitation sexuelle des mineurs a pris en charge les dossiers et les jeunes ont été rencontrés, des victimes, témoins, et tout ça, et ça nous a permis d’avoir assez d’information pour procéder à l’arrestation de sept jeunes, dont un qui a été libéré, et six qui font face à des promesses de comparaître. »

Selon le SPVQ, les jeunes pourraient être accusés de possession et de distribution de pornographie juvénile.

Les événements avaient été portés à l'attention de la police de Québec, à la mi-avril, par le directeur de l'école, qui avait été contacté par les parents de présumées victimes.

« Le 18 avril dernier, il y a un événement qui avait été signalé auprès de notre service à l'effet qu’il y avait des photos de pornographie juvénile qui circulaient entre certains élèves », précise Mme Cliche.

Les photos auraient été prises dans des lieux extérieurs à l’école.

Sensibilisation

Le directeur général de l’école, François Sylvain, se désole des événements.

« C’est triste de voir que des élèves de 12 et 13 ans, malgré la prévention qui est faite dans les écoles, soient impliqués dans une situation telle. »

Il mentionne que des ateliers de sensibilisation abordant le sextage avaient été offerts par des policiers en février et en mars aux élèves de première année du secondaire.

« Force est d’admettre que le message n’est pas intégré de la part des élèves. Alors nous, déjà, on réfléchit à des activités pédagogiques pour réactiver les messages faits par les policiers. »

Il souligne que les actions mises en place par l'établissement scolaire seront arrimées avec le contenu du nouveau cours d’éducation à la sexualité.

Cellulaires à l'école

Sans vouloir commenter précisément le dossier, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, estime qu'il y a des enjeux d'éducation importants autant pour les parents que les établissements scolaires.

« C’est toujours inquiétant de voir que dans une société, des choses comme ça arrivent et qu’on est là avec le matériel, le potentiel du numérique, les précautions à prendre aujourd’hui, les notions de respect, il y a là des enjeux de société. »

Il souligne que l’école, les parents, la communauté ont un rôle à jouer pour protéger les enfants. Le ministre ne croit pas par ailleurs qu’il faille bannir les téléphones cellulaires des écoles.

« Il faut donner une citoyenneté numérique à nos enfants, il faut les protéger à l'égard de ces appareils, c'est comme la criminalité, les droits civils, il faut leur expliquer où sont les limites, où sont les dangers, comment bien se protéger », s'est-il exprimé.

Suspension

Les six adolescents ont été suspendus de l'école pour une période indéterminée et leurs téléphones cellulaires ont été saisis et remis à la police.

Des conditions leur ont été imposées, dont l'interdiction de communiquer de manière directe ou indirecte avec les jeunes filles, sauf sous supervision scolaire.

Le SPVQ rappelle aux jeunes l’importance de ne pas distribuer de photos d’eux de nature intime. Le fait d’avoir en sa possession et de distribuer de telles photos expose à des infractions de nature criminelle.

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