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Éloïse Dupuis a donné un « consentement éclairé », dit le ministre Barrette

Contrairement à ce que plusieurs proches rapportent, Éloïse Dupuis, cette jeune mère témoin de Jéhovah décédée la semaine dernière après avoir refusé une transfusion sanguine, a donné un « consentement éclairé à plusieurs reprises », selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Questionné sur le dossier à la période des questions à l'Assemblée nationale, le ministre a indiqué que les faits entourant le décès de la jeune femme de 26 ans après son accouchement à l'Hôtel-Dieu de Lévis ont été « incorrectement rapportés ».

« À plusieurs reprises pendant et après son accouchement, elle a été rencontrée par le personnel et les médecins de façon éclairée et indépendante et sans pression extérieure et elle a refusé [toute transfusion sanguine] », soutient Gaétan Barrette, qui s'est entretenu avec le haut dirigeant du centre hospitalier.

Selon les informations qu'il a obtenues, la future mère qui était « clairement affichée » témoin de Jéhovah avait, avant même son accouchement, « préalablement refusé » toute éventuelle transfusion, une intervention qui va à l'encontre des préceptes de son Église.

Alors que plusieurs proches qui ne font pas partie du mouvement religieux estiment qu'Éloïse Dupuis a subi une pression indue du Comité de liaison hospitalier des témoins de Jéhovah, surnommé la « police du sang », le ministre affirme qu'« il n'y a pas eu de blocus dans sa chambre ».

Le ministre rapporte que les représentants des témoins de Jéhovah ont rendu une seule visite à la malade. « Elle a choisi un chemin qui l'a amené où elle est », conclut Gaétan Barrette.

Même s'il croit qu'Éloïse Dupuis a librement refusé l'intervention médicale, le  ministre reconnaît avoir lui-même été témoin de pressions religieuses. « Est-ce que c'est vrai que dans la communauté des témoins de Jéhovah, les gens ont une solidarité qui est telle que les gens viennent s'assurer que les règles prescrites par leur religion sont respectées, la réponse, c'est oui. Je l'ai vu. »

La tante d'Éloïse Dupuis, Manon Boyer, croit fermement que la jeune femme voulait vivre et voir grandir son enfant et n'aurait ainsi pas pu prendre une telle décision. Elle a porté plainte auprès de la police de Lévis afin de déterminer s'il y a eu négligence criminelle dans le dossier. Une enquête du coroner est aussi en cours.

Manon Boyer se demande d'ailleurs de quel droit le ministre de la Santé s'immisce dans ces enquêtes. « C'est très déplacé de sa part. On ne commente pas une enquête qui a débuté ce matin », reproche-t-elle à Gaétan Barrette.

Elle reproche aussi au ministre de véhiculer de fausses informations quand il soutient que personne n'a bloqué l'accès à la chambre d'Éloïse Dupuis.

Manon Boyer affirme avoir reçu un courriel d'une Témoin de Jéhovah, qui n'était pas membre de la famille, indiquant qu'elle était restée au chevet d'Éloïse « jusqu'à la fin ».

Éloïse Dupuis est décédée la semaine dernière des complications liées à son accouchement après six jours d'hospitalisation.

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