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Bye : des solutions pour Alexandre Taillefer

Une championne mondiale de jeux vidéo a été profondément touchée par le documentaire Bye, réalisé par l'homme d'affaires Alexandre Taillefer sur le suicide de son fils Thomas. Au point où elle se rendra personnellement dans les bureaux de la plateforme Twitch la semaine prochaine, pour faire en sorte que des drames comme celui de Thomas ne se répètent pas.

Un texte d’Alain Rochefort

Originaire de Québec, Stéphanie Harvey, surnommée missharvey par les internautes, est connue internationalement pour ses exploits virtuels au jeu vidéo Counter-Strike.

Au lendemain de la diffusion du documentaire-choc Bye, elle se dit extrêmement préoccupée par le fait que Thomas, qui s’est enlevé la vie il y a deux ans, a partagé ses idées noires sur la plateforme Twitch avant de passer à l’acte.

Des propos suicidaires qui n’ont toujours pas obtenu d’accusé de réception à ce jour.

Mme Harvey estime que Twitch ou toutes les autres entreprises qui rassemblent des adeptes de jeux en ligne ont le devoir de réagir devant de tels propos.

Rencontre avec Twitch

Elle a contacté ses connaissances chez Twitch après le visionnement du documentaire. Une rencontre est prévue la semaine prochaine au cours de laquelle elle proposera des solutions afin d’éviter que d’autres messages de détresse demeurent sans réponse.

« Vite de même, je vois deux solutions. La solution proactive, c’est de mettre en place des outils pour ceux qui ont besoin d’aide. Si tu aimes Twitch, par exemple, tu pourras écrire à des gens qui pourront t’aider », a-t-elle confié sur les ondes de Radio-Canada.

Manque de formation

Stéphanie Harvey identifie également un autre problème d'envergure : le manque de formation pour réagir adéquatement au contact virtuel d'une personne suicidaire.

La championne mondiale de jeux vidéo, qui compte plus de 100 000 abonnés sur la plateforme Twitch, reçoit elle aussi des messages de détresse.

« Moi, je n'ai pas de formation là-dedans. Quand ce sont des amis proches, tu sais peut-être plus quoi faire, mais pas quand ce sont des inconnus qui t'écrivent... Je n’ai pas les outils pour gérer ça. Que ce soit comment réagir sur le coup... », déplore-t-elle.

Mme Harvey craint de prendre la mauvaise décision lorsqu’elle reçoit un message de détresse.

« Que je réponde ou que je ne réponde pas, en fait, il y a un problème. Si je ne réponds pas, je ferme les yeux [sur] un problème, mais si je réponds, je pourrais ne pas dire les bonnes choses. »

Une expérience positive pour elle

Bien qu’elle ne minimise pas les problèmes de cyberdépendance ou de cyberintimidation, la quintuple championne du monde du jeu Counter-Strike défend toutefois son monde.

Elle se cite en exemple. Sa passion pour les jeux vidéo a changé sa vie positivement, car elle a su garder un équilibre sain, selon ses dires.

« Ça m’a permis de prendre confiance en moi. Ça m'a permis de briser des barrières. Des femmes dans les jeux vidéo, il y a 15 ans, il n’y en avait pas beaucoup. Moi, j’ai décidé d’embarquer là-dedans et de faire une différence », souligne-t-elle.

Stéphanie Harvey espère néanmoins que le documentaire réalisé par Alexandre Taillefer permettra de lever le voile sur une réalité encore trop méconnue.

Avec les informations de Bruno Savard

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