Michèle Anne De Mey, Jaco Van Dormael et le collectif belge Kiss & Cry sont de retour au Carrefour avec un merveilleux spectacle intitulé Cold Blood.

Une critique d’Anne-Josée Cameron

Cold Blood est le récit de sept morts absurdes.

Sept petites histoires qui, accrochées les unes aux autres, forment la trame d’une vie.

Il y a tant de beauté dans ces morts racontées par des mains que, forcément, on en vient à parler de la vie.

Des mains qui dansent

Ces mains prennent tour à tour la forme de deux danseurs qui font des claquettes, d’une femme qui dévore les hommes et d’un couple qui s’aime.

Le réalisateur Jaco Van Dormael filme avec beaucoup de sensualité ces mains qui se cherchent et s’accompagnent.

L’ingéniosité au service de l’art.

Cold Blood allie le théâtre d’objet, la vidéo et la danse.

Grâce à un ingénieux dispositif technique, on assiste à une étonnante performance théâtrale filmée en direct.

Les spectateurs regardent ainsi un film sur grand écran, tout en apercevant les comédiens et techniciens qui tournent au même moment le dit film.

La poésie de l’image est donc révélée et, du coup, est encore plus puissante.

Par exemple, cette scène où l’on aperçoit une femme qui flotte et s’élève vers le ciel au moment où la mort s’empare d’elle.

Chaque mort est suivie du plus beau souvenir du défunt : le souvenir d’un amour ou d’une odeur.

La musique

La trame sonore, dans laquelle on retrouve aussi bien Górecki, David Bowie qu’Arvo Part ou Nina Simone, est presque un personnage. Elle installe une ambiance propice au voyage onirique.

Disons-le franchement, Cold Blood est un enchantement à voir et à revoir. Une œuvre qui nous transporte au-delà de notre simple humanité.

La pièce est présentée à nouveau au Grand théâtre jeudi et vendredi soir.

Plus d'articles