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Quand l'amour se creuse un trou : une histoire de désir qui bouscule les conventions

Premier long métrage d'Ara Ball, Quand l'amour se creuse un trou est une histoire d'amour et de désir profondément confrontante.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Qu'est-ce que le désir ? Comment fonctionne-t-il ? Y'a-t-il une date de péremption au désir qu'on peut éprouver ou susciter ? Et l'amour ? Toutes ces questions sont au coeur du film Quand l'amour se creuse un trou de Ara Ball.

À presque 18 ans, Miron ( Robert Naylor) n'a toujours pas obtenu son diplôme d'études secondaires. Ses parents, professeurs à l'université, lui proposent un séjour à la campagne afin qu'il puisse étudier et reprendre ses examens à la fin de l'été.

C'est là qu'il fait la connaissance de Florence ( France Castel), sa voisine. Peu à peu leur amitié va se transformer en amour véritable.

Quand l'amour se creuse un trou rappelle sans aucun doute le film culte Harold et Maude de Hal Ashby.

Cependant, Ara Ball va beaucoup plus loin dans cette veine puisqu'il filme sans complexe le désir entre ce tout jeune homme et cette rebelle vieillissante.

Rarement au cinéma a-t-on vu une femme de 70 ans se caresser, ou encore un jeune homme faire l'amour à une dame qui pourrait être sa grand-mère. Pourtant, ces scènes fonctionnent. Tout est montré, avec pudeur, mais rien n'est caché.

Il faut saluer le courage des comédiens qui ont fait fi des tabous.

On retrouve également dans ce film un autre couple, formé par les parents de Miron. Ceux-ci, bien que socialement assortis, semblent beaucoup moins complémentaires que leur fils et sa douce.

Ce film est profondément dérangeant puisqu'il nous invite à réfléchir à la notion de vieillesse, de séduction et de désir. Il nous oblige à faire face à nos propres préjugés.

Vraiment, Quand l'amour se creuse un trou mérite d'être vu.

Le film prend l'affiche dès vendredi le 15 juin.

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