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Quand la pluie s’arrêtera : l’absence en héritage

CRITIQUE - Le théâtre du Trident amorce la saison 2018 avec la pièce Quand la pluie s'arrêtera, une saga familiale et environnementale qui s'interroge sur notre capacité à échapper au passé.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Signée Andrew Bovell, Quand la pluie s'arrêtera raconte l'histoire d'une famille australienne sur quatre générations, soit de 1959 à 2039. On y suit principalement la quête de Gabriel qui cherche à savoir pourquoi son père s'est subitement volatilisé en 1968.

Cette quête du père se déploiera sur presque un siècle dans un monde gris et pluvieux à l’image du destin de plusieurs protagonistes.

D’ailleurs, on ne peut que saluer la solide distribution qui compose Quand la pluie s’arrêtera. Normand D’Amour est excellent dans le rôle de Gabriel York, ce père qui a abandonné son fils. Tout comme Christian Michaud qui incarne avec élégance Henry Law, ce père troublé et troublant.

Marco Poulin est également très bon dans le rôle de Joe, un homme aimant et sensible. Ironiquement, le seul véritable père dans cette histoire.

Quand la pluie s’arrêtera aborde les thèmes de la filiation, de la transmission et de l’absence.

L’environnement

En filigrane se tisse aussi le thème de l’environnement. Les personnages évoluent dans un monde complètement déréglé où les poissons tombent du ciel et où la pluie ne s’arrête jamais. La famille comme l’environnement semblent ici tributaires des actions des générations qui les ont précédées.

La mise en scène de Frédéric Blanchette est efficace, portée par la scénographie sobre et inventive de Marie-Renée Bourget-Harvey - il pleut littéralement des cordes - et l’univers sonore, obsédant, de Pascal Robitaille.

Cependant, la généalogie complexe du récit gagnerait à être établie plus clairement. On comprend assez tardivement tous les liens qui unissent les personnages.

Quand la pluie s’arrêtera est une pièce sensible et touchante qui nous rappelle qu’ultimement, nous sommes tous liés.

La pièce est présentée jusqu'au 10 février au Théâtre du Trident.

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