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Émanations d’Anacolor : une menace pour la santé des enfants de Cap-Rouge

Les enfants qui fréquentent la garderie et l'école primaire de Cap-Rouge sont désormais restreints dans leurs activités extérieures en raison des émissions polluantes de l'entreprise Anacolor. La direction de santé publique (DSP) leur demande de se confiner à l'intérieur des bâtiments s'ils perçoivent de fortes odeurs de peinture.

Dans un avis de santé publique publié la semaine dernière au CPE Polichinelle et à l’école Marguerite D’Youville, la DSP recommande aux enfants et aux membres du personnel exposés aux odeurs de « réintégrer des locaux où les fenêtres sont fermées toute la durée lorsque des odeurs sont persistantes », peut-on lire dans le document.

« Si […] des odeurs apparaissent dans ces locaux en raison d’un mauvais fonctionnement du système de ventilation, celui-ci devrait être fermé. »

Plusieurs parents concernés par cet avis se montrent inquiets. « Ils réalisent que la situation est sérieuse », relate Zeina Constantin, mère d’une fillette de 4 ans et d’un garçon de 5 mois. « Il y a des gens qui étaient sceptiques, mais un papier comme celui-là prouve que nos préoccupations sont réelles », ajoute-t-elle.

« La santé publique lance le problème dans la cour d’une petite école de quartier en demandant à des éducatrices et des enseignants de se fier à leur "pif" pour protéger la santé des enfants », déplore pour sa part Guillaume Roy, père de deux enfants en première année.

Le Regroupement de citoyens pour la qualité de l’air de Cap-Rouge trouve cet avis désolant. Le porte-parole, Sébastien Bouchard, dénonce le ton utilisé par la DSP. « C’est comme si Anacolor avait le droit de polluer. On tolère leurs émissions de composés organiques volatiles (COV) et on demande aux citoyens de s’adapter à la production d’Anacolor. Ça devrait être l’inverse », déplore-t-il.

Situation prise au sérieux

La directrice de l’école Marguerite D’Youville a pris connaissance de l’avis de la Santé publique. Elle assure que des actions seront mises en place aussitôt qu’un membre du personnel rapportera une problématique.

De son côté, le Conseil d’établissement (CE) de l’école rappelle que les membres du CE, tout comme le personnel de l'école, ne sont pas des spécialistes en environnement et en santé publique.

« L'avis sera considéré au meilleur des intentions des gens en place à l'école. Ceci dit, les membres-parents du CE déplorent l’inaction du ministre de l'Environnement dans le dossier, tout comme l'inaction de la Ville dans le dossier », soutient la présidente du CE, Marie-Ève Plamondon.

Des citoyens ont demandé au ministère de l’Environnement que des stations de mesure de la qualité de l'air soient installées près de l'usine de recouvrement de surfaces métalliques. Ils veulent que les COV, émis par Anacolor, puissent être recensés de façon plus objective.

Le ministère dit avoir été « informé qu'Anacolor aurait effectué dernièrement des échantillonnages de l'air lors d'essais de production. Anacolor a également précisé qu'un rapport serait transmis prochainement au ministère ».

Après l'analyse de ce rapport, « le ministère évaluera la nécessité de procéder à de nouvelles analyses de la qualité de l'air », peut-on lire dans un courriel transmis aux citoyens.

En septembre, le ministère de l’Environnement a exigé d'Anacolor qu'elle réduise ses émissions polluantes de 90 % dans un délai de 5 mois, sans quoi elle devra cesser ses activités. L’entreprise conteste cette exigence, jugée arbitraire, devant le Tribunal administratif du Québec.

La Ville de Québec a pour sa part fait une offre d’achat à Anacolor en octobre dernier. L’entreprise n’a retourné aucun de nos appels depuis ce temps.

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