Pour sa première création, le collectif Les Pentures a choisi de s'attaquer à un sujet brûlant d'actualité, la radicalisation. Rencontre avec les trois concepteurs de la pièce Embrigadés.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Embrigadés est née il y a un peu plus de deux ans dans l'esprit des cofondateurs des productions Les Pentures Vincent Massé-Gagné, Blanche Gionet Lavigne et Félix Delage-Laurin.

Les événements tragiques survenus en janvier 2017 à la mosquée de Québec n'ont fait que confirmer le désir des jeunes dramaturges d'aborder le sujet de la radicalisation.

Inspiré de témoignages et d'histoires vécues, le récit d'Embrigadés présente trois histoires. Celle de Nadia, qui a été abandonnée par son père; celle de Christophe, qui vit difficilement une peine d'amour, et enfin, celle de Marco dont les parents sont au bord de la rupture.

Embrigadés est une pièce construite à rebours. Elle commence au moment où les trois personnages sont détenus dans des cellules voisines au poste de police. Peu à peu, chacun remontera le fil de son histoire.

En entrevue, la comédienne et conceptrice Blanche Gionet-Lavigne explique que pour bâtir son histoire, l'équipe a travaillé étroitement avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

« C'est récurrent, ajoute Vincent Massé-Gagné, les gens qui se radicalisent le font souvent lors de périodes de vulnérabilité, de choc émotif ou d'épreuve. C'est ce qu'on a voulu montrer dans la pièce. »

« On essaie de démystifier ce phénomène, explique Félix Delage-Laurin. Il est trop facile de croire que ça n'arrive qu'aux autres ».

Avec cette pièce, les jeunes créateurs espèrent montrer comment il est facile et banal d'entrer dans la spirale de la violence.

Embrigadés est présentée au théâtre Premier Acte jusqu'au 31 mars.

À noter que la représentation du 16 mars sera suivie d'une discussion avec Maxime Fiset,. ancien militant d'extrême droite, désormais chargé de projet au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Plus d'articles