Retour

Enfants maltraités par un pasteur baptiste : la DPJ blâmée pour son inaction

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Québec a manqué à ses obligations dans le dossier de deux enfants qui auraient été maltraités par le pasteur baptiste Claude Guillot, entre 2005 et 2013. La Commission des droits de la personne et de la jeunesse estime que la « DPJ n'a pas pris les moyens pour assurer leur sécurité ».

C'est l'une des conclusions de l'enquête de la Commission, amorcée en octobre 2015, qui avait pour but de vérifier si la DPJ de Québec avait respecté les droits de deux enfants ayant fait l'objet de signalements.

Les deux jeunes en question ont été confiés au pasteur Guillot par leur famille alors qu'ils étaient respectivement âgés de 5 et 10 ans. L'homme, qui fait face à 12 chefs d'accusation pour de présumés gestes de séquestration et de brutalité, assurait leur garde et leur éducation.

Les jeunes ont fait l'objet de signalements en 2004, 2005 et 2013, sans qu'aucune mesure ne soit prise par la DPJ. Ce n'est qu'après de nouveaux signalements en 2014 que l'organisme conclut que leur sécurité et leur développement étaient compromis.

Dans les conclusions de son enquête, publiées vendredi, la Commission indique que les signalements concernant les mauvais traitements infligés aux enfants ont été traités dans des « délais indus ».

La Commission reproche aussi à la Direction de la protection de la jeunesse d'avoir commandé aux intervenants de ne pas rencontrer les enfants et de ne pas visiter la maison du pasteur Guillot pour évaluer le milieu dans lequel ils vivaient.

La Commission formule une série de recommandations à la DPJ, dont celle de prendre des mesures pour respecter les délais prévus pour traiter les signalements et de rencontrer les enfants touchés, tout comme leurs parents.

Des recommandations bien accueillies

La directrice de la protection de la jeunesse se dit « en accord » avec les recommandations. Dominique Jobin affirme d'ailleurs que plusieurs d'entre elles sont « déjà appliquées ». « Au niveau des délais de traitement, l'ensemble de nos processus d'intervention ont été revus. Même chose aussi pour nos processus d'évaluation de signalement », soutient-elle.

La directrice fait valoir que les cas d'enfants vivant dans « un milieu de type secte » sont particulièrement « difficiles à percer » rendant très difficile le travail des intervenants.

« Ces milieux-là sont extrêmement fermés, hermétiques. Les enfants sont très bien préparés. Quand la DPJ arrive dans la vie de ces enfants, ils sont déjà préparés à nous offrir des réponses qui vont faire taire nos appréhensions », souligne-t-elle.

Claude Guillot a été exclu par l'Association des églises baptistes en 2003 à la suite de plaintes concernant ses méthodes éducatives et sa rigidité.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine