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Enquête publique sur la noyade de deux adolescentes

L'enquête publique de la coroner Andrée Kronström sur la noyade en 2015 de deux adolescentes dans la rivière du Sud s'est ouverte au palais de justice de Montmagny. Plusieurs intervenants viendront témoigner pendant 4 jours.

Le 15 juillet 2015, Jennyfer Pichette-Mercier et Mélissa Prévost, âgées respectivement de 12 et 14 ans, ont perdu la vie lors d'une baignade dans la rivière du Sud, à Saint-Raphaël-de-Bellechasse.

« Je l’ai vue se débattre et partir avec le courant, » a raconté Mathieu Caron, 22 ans, l’un des témoins de la tragédie. Il a témoigné dans le cadre de l’enquête publique qui a pour mandat de faire la lumière sur ces morts accidentelles et faire des recommandations pour éviter de pareils drames.

Selon plusieurs intervenants appelés à témoigner, le niveau de la rivière du Sud était élevé le 15 juillet 2015. Mélissa Prévost et Jennyfer Pichette-Mercier se sont baignées dans le secteur du rocher blanc à Saint-Raphaël avec des collègues de la coopérative jeunesse de services. Sur les 5 baigneurs, seules Mélissa et Jennyfer s’étaient éloignées de la berge.

« Nous ne l’avons jamais vue remonter à la surface. (…) On espérait », détaille Mathieu Caron. C’est son amie, Anne Guichard, qui a appelé le 911. L’appel a été reçu à la SQ vers 13h15.

Une opération de sauvetage difficile

Marie-Josée Chrétien, sergente de la Sûreté du Québec, a elle aussi répondu aux questions de la coroner. Elle a mené les opérations de sauvetage des deux adolescentes.

L’enquêteuse avait demandé des ressources supplémentaires, dont un hélicoptère pour retrouver les corps. « La rivière du Sud est sinueuse et les berges sont escarpées », a-t-elle expliqué. Des témoins étaient sous le choc, et les communications radio étaient difficiles, raconte-t-elle.

Le corps de Jennyfer a été localisé vers 15h00 et celui de Mélissa vers 16h30. Mme Chrétien a raconté que l’idée de se baigner dans le secteur du rocher blanc avait été une idée de Jennyfer.

Au cours des jours précédents, il y avait eu des précipitations importantes, rendant le débit de la rivière élevé. « Un triste accident a causé le décès des deux victimes » a-t-elle conclu.

L’une des témoins du drame, Anne Guichard, a raconté à la coroner Kronström qu’elle et ses amis ne se sont pas baignés cette journée-là, car il faisait froid.

« Je n’avais jamais vu un courant aussi fort », a-t-elle souligné. Elle a pu voir les deux adolescentes perdre le contrôle dans la rivière : « L’une a arrêté de nager. Elle a bloqué. Elle était paniquée. Puis elle a réalisé qu’il était trop tard. Elle a crié. Puis elle est tombée dans la chute. »

Les parents questionnent les témoins

Les mères des deux victimes participent aux audiences et peuvent poser des questions aux intervenants.

Nathalie Pichette, la mère de Jennyfer, et Aline Laflamme, la mère de Mélissa, ont d’ailleurs questionné Christelle Leblanc, la responsable de la Coopérative jeunesse de services.

Cette dernière était la superviseure de leurs filles. Elle en était à sa première expérience comme animatrice à la Coopérative Jeunesse de services et ne connaissait pas la région.

L’activité du 15 juillet 2015 devait être un pique-nique aux chutes d’Armagh. Jennyfer a proposé d’aller se baigner au « rocher blanc » à Saint-Raphaël-de-Bellechasse. Christelle Leblanc, âgée de 21 ans à l’époque, a accepté la demande.

Elle n’a pas proposé aux adolescents d’en informer leurs parents, car l’activité était similaire à celle prévue. Or, de son propre aveu à la coroner Kronström, « Je ne pensais pas que le « rocher blanc » était une rivière. (…) Si j’avais vu qu’il y avait du courant, j’aurais empêché la baignade. »

Christelle Leblanc se souvient d’avoir vu Jennyfer dans l’eau avec Mélissa. Elles avaient nagé de l’autre côté de la rivière. Jennyfer s’est mise à éprouver des difficultés avec le courant. Christelle a tenté d'aider les adolescentes, mais elles ont toutes deux été emportées par le courant de la rivière du Sud.

Des actions concrètes demandées

Nathalie Pichette, la mère de Jennyfer, demande des actions concrètes pour réduire les risques de la baignade en rivière. « On mène un combat pour la sécurité des enfants », a-t-elle dit aux journalistes présents.

Elle souhaiterait notamment qu’une estacade soit installée dans le secteur où est décédée sa fille afin de retenir un baigneur qui serait en difficulté. « Ils ont donné accès à un endroit, ils doivent le rendre sécuritaire », lance-t-elle.

Elle reproche toutefois au processus de ne pas donner la parole à des gens qui ont été témoins d’incidents dans le passé au même endroit. « Il y en a beaucoup qui peuvent dire des choses, mais malheureusement ils ne sont pas invités », dénonce M. Pichette.

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