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Enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées : l'heure est à la consultation

L'équipe de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a rencontré cette semaine des groupes autochtones à Wendake, au Québec, pour qu'ils la guident dans le déroulement des audiences, qui débuteront au printemps.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Les rencontres, qui se sont étalées sur quatre jours, ont permis à l'équipe de rencontrer une dizaine de représentants de groupes autochtones du Québec, comme le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, et la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel.

« Le but de ces rencontres est de bâtir un partenariat pour nous aider dans nos façons de faire, nous guider et nous confirmer que nous sommes sur la bonne voie », a précisé à Espaces autochtones la directrice générale de la commission, Michèle Moreau. Ces discussions visent aussi à s'assurer que les représentants autochtones facilitent la prise de contact avec les familles de victimes, déjà durement éprouvées.

Notre préoccupation centrale est de mettre en place un fonctionnement qui ne traumatisera pas les familles.

Michèle Moreau, directrice générale de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Les représentants de la commission ont aussi tendu l'oreille au-delà des cercles politiques, rencontrant des personnes oeuvrant dans les centres d’amitié autochtones ou les services sociaux, mais aussi des chefs de police autochtones et des experts.

Ces derniers ont, par exemple, expliqué la situation historique et sociologique des peuples autochtones de la province, mais des aînés sont aussi venus parler des traditions de leur communauté aux commissaires.

« Nous voulons comprendre et respecter les traditions et les protocoles de chaque communauté pour nous assurer de savoir ce qui peut se faire ou non » pendant les travaux de la commission, spécifie Mme Moreau.

D'autres rencontres au menu

Une première consultation, qui avait revêtu une forme quelque peu différente, a eu lieu à Saskatoon en novembre. D'autres rencontres, dont le calendrier et le nombre reste à établir, se dérouleront dans d'autres régions du pays d'ici la fin avril.

Le mois prochain, l'équipe de la commission rencontrera aussi à Ottawa six organisations autochtones nationales, comme l'Assemblée des Premières Nations et le Ralliement national des Métis.

À la fin du mois de février, les commissaires entendront également des familles de victimes qui pourront communiquer leurs attentes et leurs besoins. Les témoignages proprement dits doivent commencer au printemps.

Les progrès des travaux seront évalués

L'Association des femmes autochtones du Canada entend évaluer régulièrement dans quelle mesure la commission accomplit son mandat. Son premier « bulletin trimestriel », publié en début d'année, estimait que la commission n’en avait pas fait suffisamment pour communiquer avec les familles des victimes et réclamait un calendrier plus détaillé.

Annoncée en décembre 2015, la Commission est présidée par la juge Marion Buller, membre de la Première Nation de Mistawasis, en Saskatchewan. Elle est épaulée par Michèle Audette, ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, la professeure de droit de l'Université de la Saskatchewan Marilyn Poitras, et les avocats Qajaq Robinson et Brian Eyolfson, originaires respectivement du Nunavut et de l'Ontario.

Plus tôt cette semaine, l'avocate ontarienne Susan Vella, une spécialiste en matière de traumatismes subis par les victimes d'agression sexuelle, a été nommée avocate principale auprès de l'Enquête.

Dotée d'un budget de 53,8 millions de dollars, la commission doit remettre au gouvernement son rapport provisoire avant le 1er novembre 2017, et son rapport final, dans l'année qui suit.

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