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Enquête sur un pasteur à Québec : une grand-mère inquiète pour son petit-fils

Une grand-mère dont le petit-fils serait sous l'emprise d'un pasteur de l'Église évangélique baptiste de Québec-Est depuis près de 20 ans se dit soulagée d'apprendre que l'homme fait l'objet d'une enquête.

Le Service de police de la Ville de Québec a confirmé ce matin avoir ouvert une enquête sur des allégations de séquestration et de mauvais traitements commis par un pasteur à l'endroit d'au moins sept adolescents. Les jeunes garçons auraient été maltraités pendant des années dans la résidence de l'homme.

Touchée de près par la nouvelle, une dame, qui s'est confiée à Radio-Canada, se dit soulagée. Elle affirme que son petit-fils est toujours sous l'emprise du pasteur et souligne être sans nouvelles de lui depuis de nombreuses années, malgré les tentatives de communiquer avec lui.

« Ça fait tellement longtemps qu'on est bouleversés de cette histoire, il devait avoir 10 ans [la dernière fois qu'elle a vu son petit-fils] », dit-elle.

La dame raconte que sa fille et son petit-fils ont été « entraînés » par le pasteur il y a plusieurs années, mais que sa fille a réussi à sortir de l'Église évangélique baptiste de Québec-Est et à se défaire de ses liens avec le pasteur.

Il en serait autrement du fils que le pasteur couperait de tous liens avec la famille, refusant de répondre aux demandes répétées au téléphone ou à la porte de sa résidence.

Démarches infructueuses

Selon la dame, le père de l'enfant devenu jeune homme a entrepris des démarches légales pour faire sortir son fils, mais sans succès. La Direction de la protection de la jeunesse aurait aussi été contactée.

La dame affirme de plus qu'il y a trois mois, le pasteur a fait parvenir une lettre demandant à la famille de « cesser de les harceler ». « C'est un avocat que le pasteur a dû engager, qui a envoyé une lettre [à la mère] disant de cesser de les harceler, parce qu'on téléphonait, on essayait par des lettres et des téléphones », raconte-t-elle.

Si la dame dit craindre le pasteur, elle n'hésite pas à dénoncer les sévices qu'il aurait fait subir aux adolescents. Elle dit avoir bon espoir que les démarches entreprises par la police lui permettent un jour de revoir son petit-fils.

Les Églises baptistes évangéliques se dissocient du pasteur

De son côté, l'Association d'Églises baptistes évangéliques au Québec se dissocie complètement des agissements présumés du pasteur.

L'Association admet avoir déjà compté le controversé pasteur dans ses membres, mais aurait rompu tous liens avec lui il y a 15 ans. Selon le directeur général de l'Association, Gilles Lapierre, le pasteur n'a pas été dénoncé aux autorités, par manque de preuves.

« On ne pouvait pas imaginer l'ampleur de ce qu'on nous présente aujourd'hui parce que les gens ne portaient pas plainte. Si on a avait eu des plaintes officielles, c'est sûr qu'on aurait agi avec des plaintes, mais pour nous, comme association, il y avait suffisamment de malaise pour se séparer. »

Le pasteur fait l'objet d'une enquête de la police de Québec qui demande l'aide de la population dans ce dossier. Aucune accusation n'a encore été déposée.

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