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Espoirs et craintes envers le futur Club Med dans Charlevoix

Attendu pour la fin de 2020, le Club Med qui sera situé dans le Massif de Charlevoix veut créer 300 emplois. Dans la région, si l'on se réjouit des futures retombées économiques, on se demande cependant si l'entreprise parviendra à pourvoir tous les postes qui doivent être créés.

« Un Village Club Med, c’est plus de 300 emplois directs et au moins autant indirects », a annoncé vendredi Henri Giscard d’Estaing, le président de l’entreprise française.

Alors qu’une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la restauration avait été déplorée ces derniers mois dans la grande région de Québec, le Club Med, qui reconnaît « un défi », se veut confiant.

La firme souhaite conclure des partenariats avec plusieurs écoles spécialisées, a précisé Carolyne Doyon, vice-présidente de Club Med Canada.

« On va y arriver, on est positif », a-t-elle avancé, en précisant que des personnes provenant d’autres pays pourraient être embauchées.

La nouvelle est bien accueillie par le maire de Petite-Rivière-Saint-François, Gérald Maltais, dont le village traverse une mauvaise passe économique, mais qui devrait bénéficier des impôts fonciers du nouveau complexe hôtelier qui y sera construit.

M. Maltais s'inquiète toutefois de la possible congestion routière sur la route principale du village, ainsi que de la pénurie de main-d'œuvre.

Cette dernière situation n'inquiète toutefois pas Laurence Van Muylem, présidente de l'Association d'affaire de Baie Saint-Paul. « Nous nous disons que nous allons nous attaquer à l'avance à ce défi », a-t-elle indiqué.

Ouverture toute l'année

Près de 50 000 visiteurs sont attendus par an dans ce complexe hôtelier qui comprendra 300 chambres. Ainsi, le Club Med compte mettre le Massif de Charlevoix « sur la carte mondiale du tourisme ».

Avec une telle installation, « les clients vont visiter et acheter des produits locaux », a soutenu M. Giscard d’Estaing, précisant être « fier » de « faire rayonner » le Québec et la région de Charlevoix.

Ce complexe, qui ouvrira en décembre, sera opérationnel tout au long de l’année, a précisé la firme.

Le Village Club Med de Charlevoix deviendra la seule destination de ski du Club Med en Amérique du Nord. La nouvelle destination s’ajoute à 24 autres « villages de neige » en Europe, en Chine et au Japon.

Ce « site exceptionnel » devrait séduire la clientèle, qui devrait majoritairement provenir du Canada et des États-Unis, a ajouté le patron du Club Med.

« On sent aujourd’hui une attente de la clientèle pour cette expérience très particulière qui est la beauté de la nature », a-t-il spécifié. Sur place, des activités nautiques, notamment « du kayak sur le Saint-Laurent », de marche et de vélos seront proposées, a-t-il ajouté.

Il sera également possible, a-t-il repris, de découvrir « l’activité locale et agricole ».

De son côté, Michel Archambault, professeur émérite à la Chaire de tourisme de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, estime qu'il n'y a pas lieu de craindre que l'arrivée du Club Med vienne profondément perturber l'équilibre récréotouristique de la région.

« Je crois que ce sera une valeur ajoutée, cela va obliger les intervenants actuels à se repositionner, à se questionner et à se moderniser, entre autres », a-t-il déclaré sur les ondes d'ICI RDI.

Un complexe de 120 millions de dollars

Ce projet de 120 millions de dollars sera financé à 30 % par des fonds publics, grâce à des prêts provenant des gouvernements provincial et fédéral.

Québec va injecter 26,3 millions de dollars, alors qu’Ottawa contribuera à hauteur de 9,8 millions.

Le nouveau Club Med aura des retombées dans la grande région de Québec. L’Aéroport international Jean-Lesage prévoit notamment une augmentation de 6 % de son achalandage dès 2020.

Il ne s'agit pas de la première incursion du Club Med en terres québécoises. L'aventure Club Med World à Montréal, installé au centre-ville, avait pris fin en 2003 à peine 18 mois après son inauguration en 2001, après avoir cumulé les pertes financières.

Avec les informations de Louis de Belleval et Julie Landry

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