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Étude sur l'économie de Québec : l'image de la « ville de fonctionnaires » remise en question

Une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) obtenue en primeur par Radio-Canada déboulonne le mythe selon lequel Québec serait une simple ville de fonctionnaires.

Un texte de Louis Gagné

Réalisée par la firme Aviseo Conseil en collaboration avec l'Institut de développement urbain du Québec (IDU), l'étude met en lumière une diversification méconnue de l'économie de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, qui regroupe notamment les villes de Québec, Lévis, Saint-Augustin-de-Desmaures, L'Ancienne-Lorette et Lac-Beauport.

Les services gouvernementaux occupent toujours une part importante de l'économie régionale avec un PIB totalisant 5,5 milliards de dollars, mais ils sont loin de représenter son unique moteur de croissance. À titre d'exemple, le secteur des assurances et des services financiers compte pour plus de 10 % du PIB de la RMR de Québec.

Le commerce de gros et de détail (10,5 %) et le secteur de la fabrication manufacturière (10,1 %) ne sont pas en reste avec un PIB respectif de 4 et 3,9 milliards de dollars. Le manufacturier présente d'ailleurs le plus haut taux de croissance (5,9 %) de l'économie de la RMR de Québec.

Ces deux secteurs « orphelins » constituent la plus belle surprise de cette mise à jour économique, selon le président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Alain Aubut. Ce dernier invite les décideurs à prendre note du poids qu'ils occupent dans l'économie et à élaborer des politiques qui répondent davantage à leurs besoins, notamment en matière de main-d'oeuvre, de mobilité et de virage numérique.

« On parle beaucoup des technologies de l'information et de certains domaines comme les assurances, mais le problème des ressources humaines, ça ne concerne pas seulement les informaticiens. Le problème est plus large que ça puis c'est là-dessus qu'on veut s'attarder puis oui, [on va] essayer d'influencer les mesures en matière de développement économique », a soutenu M. Aubut.

Signe de l'importance qu'occupe le secteur du commerce de gros et de détail dans l'économie de la région de Québec, on y retrouve plus d'employés qu'au sein des services gouvernementaux, soit près de 75 000 contre un peu plus de 45 000.

Il importe cependant de mentionner que la méthodologie retenue par les auteurs de l'étude n'inclue pas l'ensemble du secteur public. Les employés des réseaux de la santé et de l'éducation ne sont donc pas comptabilisés dans la catégorie « Services gouvernementaux ».

Autre élément de surprise, l'étude d'Aviseo Conseil a révélé que le secteur des services immobiliers a un poids économique comparable à celui des assurances et services financiers, soit 10,2 % du PIB. Le PDG de l'Institut de développement urbain du Québec, André Boisclair, y voit une bonne nouvelle pour les épargnants, dont les caisses de retraite comportent une part importante d'actifs immobiliers. À l'instar d'Alain Aubut, il espère que ces nouvelles données inciteront les décideurs publics à accorder une plus grande attention au développement de ce secteur.

« C'est un poids qui est considérable. Nous l'intuitionnions, mais on n'en avait pas la démonstration, a expliqué André Boisclair. Peut-être que ça peut inviter les décideurs publics et la population en général à jeter un second regard sur cette industrie qui a été un jour associée à celle des grands promoteurs, mais qui est aujourd'hui une industrie où les grands épargnants sont très présents et jouent un rôle qui est incontournable. »

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