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Études sur les violences sexuelles : l'Université Laval en mode écoute

La direction de l'Université Laval s'estime mieux outillée devant les problématiques de violences sexuelles après avoir pris connaissance des résultats d'une vaste enquête provinciale sur la question.

L'enquête ESSIMU (Enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire) révèle que plus du tiers des 9284 répondants, majoritairement des femmes, ont subi une forme de violence sexuelle à l'université. Quatre-vingt-dix pour cent de ces victimes n’ont pas porté plainte.

« Même si les chiffres sont gros et épeurants, on les reçoit bien. Ça alimente tout ce qu’on fait, notre réflexion et nos actions », lance Bernard Garnier, vice-recteur aux études de l’Université Laval.

Si on ne regarde pas la vérité en face, on ne peut rien faire.

Bernard Garnier, vice-recteur aux études, Université Laval

Questionné sur les cas d’agressions sexuelles des derniers mois à l’Université Laval, le vice-recteur estime que l’établissement fait bonne figure en appliquant déjà de nombreuses recommandations du rapport, notamment avec les actions du Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement de l’université.

Pas de surprise

Josée Laprade, la directrice Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement à l’Université Laval, n’est « pas surprise » à la lecture des conclusions du rapport. « Toutes les études mentionnent les mêmes chiffres », déplore-t-elle.

Même si elle partage l’avis du vice-recteur sur les bonnes performances de l’institution en matière de violences sexuelles, elle voit déjà des pistes d’interventions pour améliorer les statistiques.

Il y a énormément de choses qu’il reste à faire, notamment au niveau de la prévention, de la sensibilisation et de l’éducation, autant pour les étudiants qu’auprès de notre personnel.

Josée Laprade, directrice, Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement de l’Université Laval

Sur ce point, Josée Laprade croit que le financement gouvernemental devra augmenter. « Plus le gouvernement donne de financement, plus on peut faire des campagnes de préventions. »

Par ailleurs Mme Laprade déposera sous peu au gouvernement son propre rapport sur les violences sexuelles en milieux scolaires.

Ce document provient des consultations gouvernementales demandées par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, après les cas d’agressions sexuelles à l’Université Laval.

Ce rapport, piloté par Josée Laprade, doit être déposé d’ici le 20 janvier.

Des données provinciales

Sylvie Parent, professeure au Département d’éducation physique de l’Université Laval, est l’une des 12 chercheuses qui ont collaboré à l’étude, qui s’est déroulée dans six universités québécoises.

Elle rappelle que les données présentées lundi matin sont des résultats provinciaux qui ne sont pas segmentés par université. Des résultats et des recommandations sur la situation à l’Université Laval devraient être publiés sous peu.

« Ce qu’on est en train de faire, c’est d’analyser les résultats ici [...] des recommandations vont découler de cette analyse-là », souligne la chercheuse.

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