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Étudiants et résidents en médecine sous pression

Une étudiante en médecine lance un cri d'alarme concernant la pression et l'intimidation que feraient subir des médecins et des infirmières lors des stages de formation. Jessica Rheault est au doctorat à l'Université Laval. Elle s'exprime sur la place publique dans l'espoir de faire changer les choses.

Jessica Rheault affirme que son stage en médecine a contribué à la faire sombrer en dépression, au point où elle a songé au suicide.

« On est constamment en train de s'autojuger et en plus, le système nous juge, affirme-t-elle. Les patients sont mécontents des listes d'attente, nos patrons sont mécontents parce qu'on n'est pas assez productifs. C'est jamais assez, ça mine le moral, on se sent vraiment mauvais. »

Jessica Rheault soutient que plusieurs étudiants sont épuisés par leur stage en médecine. On leur demande régulièrement, selon elle, de travailler de 7 h à minuit. Ils doivent en plus étudier et revenir à l'hôpital le lendemain matin à 7 h pour poursuivre leur stage. Tout ça dans un climat de travail difficile.

Un hôpital en particulier à Québec, dans le domaine de la gynécologie et obstétrique, on peut recevoir des instruments par la tête parce qu'on ne dit pas ou on ne fait pas les bonnes choses.

Jessica Rheault, étudiante en médecine à l'Université Laval

Les étudiants ne sont pas les seuls à vivre cette situation. Selon un sondage mené par la Fédération des médecins résidents du Québec, dont les données ont été publiées par le Journal de Québec, 40 % des médecins résidents disent subir de l'intimidation, soit de la part des médecins ou des infirmières.

Des résidents se font ignorer, se font rejeter.

Christopher Lemieux, président de la Fédération des médecins résidents du Québec

Les compressions montrées du doigt

Le président de la Fédération, Christopher Lemieux, estime que les compressions des derniers mois en santé ont accentué la pression et l'intimidation vécues par les médecins résidents.

« Ça va jusqu'à des menaces de ne pas avoir l'emploi. Les résidents ont de la pression pour faire le maximum d'heures. On empiète sur le sommeil, on ne dort plus. Ce qu'on fait, c'est travailler et étudier. »

Le problème, c'est que la plupart des médecins résidents refusent de dénoncer leurs intimidateurs.

Il y a un climat de peur. Les personnes qui les évaluent sont celles qui vont leur donner un poste plus tard. C'est difficile de porter plainte, d'autant plus que les postes sont rares dans certaines spécialités.

Christopher Lemieux, président de la Fédération des médecins résidents du Québec

La Fédération des médecins résidents a lancé une première campagne de sensibilisation à l'intimidation en milieu de travail en 1996. Devant la persistance du problème, cette campagne a été relancée au cours de la dernière année.

Jessica Rheault, elle, se dit en réflexion quant à son avenir. Elle songe à changer de domaine.

Le Collège des médecins refuse de commenter.

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