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Euthanasies d'animaux : une facture annuelle de plus de 160 000 $ à Québec

Malgré une tendance à la baisse, la Ville de Québec est toujours aux prises avec une facture importante découlant de l'euthanasie d'animaux errants. En 2014, l'euthanasie des animaux domestiques sans propriétaires connus a coûté plus de 160 000 $ à la Ville.

Lorsqu'un animal doit être euthanasié par le Centre animalier municipal, la ville rembourse 50 $ pour chaque chat, et de 50 $ à 100 $ par chien, en fonction du poids de l'animal.

En observant les compilations de 2014, soit les dernières données disponibles, il est possible de conclure que plus de 160 000 $ ont été dépensés en 2014 pour l'euthanasie de 3267 animaux. Le nombre d'euthanasies était toutefois plus élevé en 2010, alors que 4404 chats et chiens avaient connu le même sort.

Le conseiller municipal responsable du dossier, Patrick Voyer, explique que le nombre d'euthanasies, principalement réalisées sur des chats, est en relation directe avec la surpopulation féline. « Dans un monde idéal, j'aimerais ça ne pas avoir à en euthanasier », lance le conseiller, bien conscient de la lourdeur du bilan.

Il explique que la compagnie responsable de la gestion animalière à la Ville de Québec n'a souvent pas d'autre option que de procéder de la sorte avec les animaux errants, sans médailles et sans propriétaires connus.

« Une fois que tu as conservé l'animal trois jours, tu peux l'euthanasier. Des fois, il y a une surpopulation. Ils en entrent 10, 15, 20 ou 50 en même temps. On dit on n'a pas le choix, il faut en euthanasier », déplore-t-il.

Sensibiliser les propriétaires

Patrick Voyer explique que la Ville de Québec tente de maintenir la diminution du nombre d'euthanasies par la sensibilisation des propriétaires, entre autres avec une série de conférences, données ce printemps. Lors de ces séances, des experts exposent différents enjeux de santé animale et font la promotion de la stérilisation, en plus de remettre des documents sur la règlementation municipale. 

Ces rencontres permettent aussi d'expliquer le fonctionnement des micropruces; des dispositifs sous-cutanés qui permettent d'identifier le propriétaire d'un chat grâce à un lecteur numérique.

Les dernières données disponibles sur les euthanasies d'animaux errants à Québec remontent à 2014 alors que c'était la Société protectrice des animaux de Québec qui avait la gestion contractuelle du dossier municipal.

Après une année de transition en 2015, cette gestion est maintenant sous la responsabilité d'un nouvel organisme, Les Fidèles Moustachus. Les bilans annuels d'euthanasie ne sont pas connus pour 2015 et 2016. 

La SPA demande du changement

La SPA de Québec n'a pas participé au dernier appel d'offres pour la gestion municipale du dossier animalier. Le directeur général de l'organisme, Denys Pelletier, explique que son équipe ne pouvait plus concilier sa mission de protection des animaux avec celle d'euthanasier des milliers de bêtes.

Depuis 2013, tous les animaux qui y sont adoptés ont été stérilisés par l'équipe vétérinaire. Près de cinquante opérations sont réalisées chaque semaine. Le vétérinaire implante aussi une micropuce à chaque animal. 

Selon Denys Pelletier, la Ville devrait, en plus des séances d'informations, légiférer pour que la stérilisation des animaux domestiques devienne obligatoire, comme c'est le cas dans plusieurs villes, citant en exemple Winnipeg. « Si on veut arrêter le débordement, il faut arrêter le robinet! », explique-t-il.

En plus de la question de la stérilisation, Denys Pelletier croit que les micropuces sous-cutanées devraient devenir elles aussi obligatoires. 

« L'euthanasie, ça ne règle rien! »

Andrée Juneau, cofondatrice du Mouvement Chats errants de Québec, abonde dans le même sens que la SPA. Elle reproche à la Ville son inaction en matière de stérilisation obligatoire alors que des villes, comme Calgary, offrent des services de stérilisation à prix modique.

« Je suis électrice, je paye des taxes. Savoir qu'une portion de mes taxes sert à euthanasier des chats en bonne santé plutôt qu'à les stériliser des chats qui pourraient être remis en circulation, je n'aime pas trop ça! », lance Mme Juneau. Elle croit que les séances d'information sont nettement insuffisantes. 

Devant ces critiques, le conseiller Patrick Voyer rétorque que la Ville prendra l'année 2016 pour « mieux connaître les besoins animaliers et mettre en place les mesures appropriées pour y répondre ». Pas question donc, pour le moment, de légiférer sur la stérilisation et les micropuces.

« Nous poursuivons notre réflexion concernant les enjeux de la stérilisation et du micropuçage », conclut M. Voyer. 

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