Deux patients qui s'étaient évadés de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) après avoir agressé un surveillant et pris une infirmière en otage ont été arrêtés au terme d'une courte cavale dimanche soir.

Un texte de Louis Gagné

L’évasion s’est produite vers 22 h 45 à l’établissement anciennement connu sous le nom de Centre hospitalier Robert-Giffard, situé sur le chemin de la Canardière.

Sébastien Lessard, 34 ans, et Thomas Roy des Rivières, 28 ans, étaient visés par une ordonnance de garde. Ils n’avaient donc pas le droit de quitter l’unité de psychiatrie légale où ils étaient soignés.

Selon le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), les deux hommes aux nombreux antécédents judiciaires auraient d’abord frappé à la tête un agent chargé de leur surveillance à l’aide d’un morceau de plinthe et d’une planche de bois. Ils auraient ensuite menacé une infirmière avant de la séquestrer.

« C’est sous cette menace et la contrainte que les employés ont dû laisser partir les deux patients », mentionne Étienne Doyon, porte-parole au SPVQ.

Accusations

Les fuyards ont été appréhendés environ 45 minutes plus tard dans un immeuble de l’avenue Mailloux, à quelques centaines de mètres de l’IUSMQ.

Sébastien Lessard et Thomas Roy des Rivières ont comparu par vidéoconférence lundi pour répondre à des accusations de tentative d’enlèvement dans le but d’obtenir une rançon ou un service, voies de fait armées, voies de fait causant des lésions et menaces de mort.

En plus du surveillant et de l’infirmière, ils auraient agressé trois autres employés.

La Couronne s'est opposée à leur remise en liberté. Les deux hommes comparaîtront de nouveau mardi, cette fois au palais de justice de Québec.

Situation « exceptionnelle »

La direction du CIUSS de la Capitale-Nationale se dit « très préoccupée » par les événements survenus dimanche soir. Elle s’explique mal comment les deux hommes ont pu se retrouver en possession d’un morceau de plinthe et d’une planche de bois.

Une enquête a été ouverte à l’interne pour refaire la chronologie des événements et prendre les mesures qui s’imposent.

« Dans des unités comme ça, en psychiatrie légale, tout est sécurisé. Que ce soit les cadres de porte, les ustensiles vont être comptés, tout est sécurisé. Faudra voir dans l'enquête qu'est-ce qui s'est passé exactement », affirme Sylvie Laverdière, directrice des programmes Santé mentale et Dépendances au CIUSS.

Elle assure que les employés en poste dimanche soir avaient l’expérience nécessaire et étaient en nombre suffisant.

Mme Laverdière ajoute que des mesures de soutien psychologique aux employés ont rapidement été mises en place afin de faire face à cette situation jugée « exceptionnelle ».

Avec les informations de Camille Simard et Stéphanie Tremblay

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