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Failles dans l’aide financière accordée à la formation des pompiers

Selon des données obtenues par Radio-Canada, 92 demandes de subvention pour une formation avancée de pompiers volontaires ont été rejetées dans les dernières années. La cause? La taille des municipalités candidates ne correspond pas aux critères établis par le ministère de la Sécurité publique.

Un texte de Cathy Senay

Le gouvernement Couillard a mis en place un programme d’aide financière de 20 millions de dollars, après la tragédie de L’Isle-Verte, pour aider les municipalités à payer la formation des pompiers volontaires ou à temps partiel.

Or, de petites municipalités n’ont pas accès à cette aide pour la formation intitulée Pompier 2 puisqu’elle n’est obligatoire que pour les municipalités de 25 000 à 200 000 habitants.

« 92 refus, c’est quand même énorme », déplore Sylvain Dufresne, président de l’Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ).

M. Dufresne s’est entretenu avec plusieurs autres directeurs, dans différentes régions du Québec, préoccupés par la situation. Au fil des dernières années, M. Dufresne, aussi directeur du Service de sécurité incendie à La Prairie, s’est vu lui-même refuser une demande de subvention pour cette formation, car la population de sa municipalité est sous la barre des 25 000 habitants.

« Nous étions 24 800 au moment de la demande. Nous étions à 200 du 25 000. C’est de la bureaucratie. On comprend qu’il y a des limites au programme. »

Le cas de Saint-Lambert-de-Lauzon

Ces limites, la Municipalité de Saint-Lambert- de-Lauzon, qui compte environ 6500 habitants, les connaît. Depuis trois ans que le programme existe, la MRC de La Nouvelle-Beauce a envoyé en vain trois demandes pour obtenir une aide financière afin de couvrir les frais de la formation Pompier 2 à ses effectifs, tous à temps partiel.

Or, le coordonnateur en sécurité incendie de la MRC et pompier à temps partiel à Saint-Lambert- de-Lauzon, Antoine Sévigny, souligne que certaines petites municipalités font face à un double problème. Elles n’ont pas accès aux subventions pour le cours de Pompier 2, et ce cours est un prérequis pour former les officiers chargés de coordonner les opérations.

« On fait les demandes quand même parce qu’il y a un besoin. […] Toutes les municipalités qui ont plus de 5000 habitants sont obligées de faire cette formation-là [Pompier 2] pour former leurs officiers. On est tous dans la même situation. On tombe dans la zone grise qui ne nous permet pas d’obtenir du financement », déplore-t-il.

La Municipalité de Saint-Lambert-de-Lauzon assume donc les frais de la formation Pompier 2, ce qui peut représenter 20 000 $ pour une dizaine de pompiers.

« C’est beaucoup d’argent et de temps à prévoir également », soulève Antoine Sévigny.

Le directeur du Service incendie de Saint-Lambert-de-Lauzon, Gaétan Lacasse, mise sur la préparation de la relève. Il sait également qu'il y a un gros roulement parmi les pompiers à temps partiel.

« C'est pourquoi l'aide du gouvernement est fort utile, car la formation fait partie des attraits pour attirer et retenir des recrues. »

M. Lacasse souligne aussi que les municipalités doivent pouvoir compter sur des officiers. « Les officiers sont les yeux du commandant lors d’un incendie. Ils gèrent la sécurité des équipes et le bon fonctionnement des opérations sur le terrain. »

Le ministère de la Sécurité publique interpellé

L’Association des chefs en sécurité incendie du Québec a rencontré des agents au ministère de la Sécurité publique en décembre.

L’ACSIQ demande au gouvernement de revoir sa position et exige que les fonds qui n’ont pas été utilisés jusqu’à maintenant dans l’enveloppe de 20 millions de dollars répartis sur 5 ans soient distribués aux municipalités étant aux prises avec cet irritant.

La réponse du ministère se fait attendre. Sylvain Dufresne souligne que la grande majorité des municipalités au Québec sont protégées par des pompiers à temps partiel, anciennement appelés « pompiers volontaires ».

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