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Femmes autochtones : la Nation huronne-wendate envoie une émissaire en Abitibi

La nation huronne-wendat de Wendake envoie une émissaire à Val-d'Or, en Abitibi, pour une grande rencontre des chefs des Premières nations du Québec qui se tiendra mardi.

La conférence vise à discuter des allégations d'abus et de violence d'agents de la Sûreté du Québec (SQ) à l'endroit de femmes cries et algonquines de la région de Val-d'Or et de la situation dans le reste de la province, dans la foulée des révélations faites par l'émission Enquête jeudi dernier.

Une trentaine de communautés ont répondu pour le moment à l'invitation du grand chef de l'Assemblée des Premières nations du Québec, Ghislain Picard.  La Nation huronne-wendate sera représentée par Lyne Gros-Louis, responsable de la condition féminine à Wendake. 

L'émissaire croit que sa communauté pourrait servir d'exemple à bien d'autres. « Je vais écouter ce qu'ils ont à dire, mais aussi amener notre point positif. Il faut voir leur ouverture : est-ce qu'ils sont prêts à entendre que nous autres ça va bien, que nous autres on fait ça comme ça? » se demande Line Gros-Louis, qui cite notamment les programmes en santé et en suivi de dénonciation de situations de violence mis en place par la Nation huronne-wendate.

Le grand chef huron, Konrad Sioui, espère que cette conférence va mener à des actions concrètes. « Après ce qui s'est passé à Val-d'Or, on va peut-être nous proposer un sommet sur la sécurité et la justice. On a beaucoup de réponses qui terminent sur des sommets. Mais il est temps de passer à l'action, de débloquer des fonds » plaide-t-il.

En entrevue à l'émission Première heure, il plaide que les problèmes sont profonds dans bien des communautés. « Ici au Québec, on a surtout pris soin de se dire "Nous autres, on n'est pas comme les Anglais. On n'est pas comme dans l'Ouest." Mais aujourd'hui ça vient nous rattraper encore plus, parce que les prisons provinciales sont remplies d'Indiens. Les programmes et les services dans les communautés sont affreux. On a des problèmes d'eau courante, des problèmes de surpopulation dans les logements, des problèmes d'éducation. »

Rapport tabletté 

Selon Konrad Sioui, les recommandations de la Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones, dont le rapport a été publié en 1996, sont restées lettre morte. « On a beaucoup de frustrations. On a travaillé sur la Commission royale. [...] Et aujourd'hui, on s'aperçoit que des femmes ont été molestées dans les rues. Mais avant qu'elles arrivent dans la rue : il s'est passé quoi? » se questionne le grand chef. 

Du même souffle, Konrad Sioui rappelle que les communautés autochtones réclament une enquête publique pancanadienne sur les femmes autochtones portées disparues ou assassinées. « On attend beaucoup de M. Trudeau... » dit-il en parlant du nouveau premier ministre désigné, Justin Trudeau. 

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