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FEQ : belle soirée sobre en hommage à la chanson québécoise

Ce n'était pas une ouverture de 50e anniversaire avec des pétards et des feux d'artifice, mais le lancement des festivités sur la plus grosse scène du Festival d'été de Québec a fait une place lumineuse à la chanson québécoise, jeudi. La soirée a pu compter sur une Isabelle Boulay rayonnante, et en première partie, des artistes de talent portant avec sobriété les mots de Richard Desjardins.

Un texte de Véronica Lê-Huu

Les admirateurs s'étaient réunis en grand nombre sur les Plaines pour venir entendre surtout Isabelle Boulay, qui émue, a dès ses premières paroles rendu hommage à son public fidèle.

« Je sais que si vous ne vous étiez jamais attachés à mes chansons, je ne serais pas ici devant vous! »

Il faut dire que la chanteuse gaspésienne, qui célébrait ses 25 ans de carrière de même que son 45e anniversaire, est choyée par son public toujours fidèle. Ce dernier, qui lui a chanté bonne fête, ne s'est pas fait prier non plus pour fredonner avec elle ses succès souvenirs et autres œuvres chères à la chanteuse.

La Lune, Je t’oublierai, Entre Matane et Bâton Rouge, Isabelle Boulay a tracé de sa voix chaude et vibrante un portait en chansons, et en anecdotes, des moments clés de sa carrière.

S’adressant au public entre chaque pièce ou presque, un peu longuement parfois, elle est revenue avec humour ou tendresse sur des bribes de sa vie, son rôle marquant de Marie-Jeanne dans Starmania, son passage à la vie de jeune chanteuse, ses amitiés et autre rencontre avec un admirateur qui l’avait confondue avec France D’Amour.

Bien entourée

La chanteuse était aussi bien entourée sur scène pour son anniversaire avec une choriste, 10 musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec formant une section de cordes et des amis fidèles, Paul Daraîche et Patrick Normand.

« Quand Paul est avec moi, j’ai jamais peur de rien! », a lancé la chanteuse avant d’interpréter avec son ami dans un plaisir évident Ring of Fire, de Johnny Cash.

Quand on est en amour chanté en compagnie de Patrick Normand ou Mappemonde avec les Sœurs Boulay qui vivaient jeudi leur baptême des Plaines, ont aussi offert de beaux moments.

Isabelle Boulay a somme toute livré un concert généreux et rempli d’amour, terminant la soirée sous les applaudissements nourris avec Saule inconsolable, puis Stone en rappel, le regard embué.

La chanteuse a conclu au son de Jamais assez loin, après presque 2 heures de spectacle.

Brillant (mais trop court) hommage à Desjardins

« Très chères Plaines, on l’aime-tu Richard Desjardins? ». C’est armés de leur amour pour les mots de Richard Desjardins que Keith Kouna et une dizaine d’autres chanteurs et chanteuses québécois de grand talent, Fred Fortin, Yann Perreau, les Sœurs Boulay, ont quant à eux pris la scène, en première partie, en ouverture de soirée.

Les 90 minutes du spectacle Desjardins, on l'aime-tu!, qui découle de la compilation du même nom parue en avril en hommage à Desjardins, ont permis d’entendre des interprétations toutes personnelles et senties des plus belles chansons du grand poète québécois.

Nous aurons a été la première sous les projecteurs avec une prestation timide et tendre du jeune Thomas Brassard au piano, accompagné à l’unisson par Simone Marchand.

Place à la poésie

Mais c’est le reste du spectacle, tenu dans une mise en scène sans flafla, avec juste assez de projections champêtres en arrière-plan, qui a pu donner toute son ampleur aux paroles du poète de Rouyn-Noranda.

Au Pays des calottes, par Stéphane Lafleur tout en sobriété, voix et guitare, la poésie déclamée par Queen Ka, le duo énergique de Philippe Brach et Bernard Adamus avec Boomtown café ou encore la parfaite harmonie des voix des soeurs Boulay dans L’engeolière avaient de quoi séduire et susciter une écoute attentive.

La voix puissante de Yann Perreau, la théâtralité de Klô Pelgag, Keith Kouna émouvant dans Jenny, Le coeur est un oiseau par Fred Fortin donnaient envie d’en entendre davantage, et peut-être dans autre contexte. Le spectacle se prêtait à l’intimité, une ambiance difficile à répandre à l’échelle des Plaines.

Les spectateurs auront néanmoins été des rares à avoir pu assister à ce concert qui sera présenté une autre fois dans l’été, à Rouyn-Noranda.

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