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FEQ : les Cowboys Fringants font la fête aux plaines d'Abraham

Les Cowboys Fringants ont insufflé un grand vent de fête sur fond de clowns et de cracheurs de feu à l'occasion de leur concert « carte blanche » sur les plaines d'Abraham, mardi.

Un texte de Veronica Lê-Huu

Le groupe québécois, qui n’avait pas foulé la scène du Festival d'été de Québec (FEQ) depuis plusieurs années, n’a pas ménagé ses énergies pour un retour mémorable.

L’action s’est déroulée dans un flot continu de prestations sautillantes chantées à pleine voix. Karl Tremblay et ses acolytes Jean-François Pauzé, Marie-Annick Lépine, Jérôme Dupras étaient visiblement ravis de se retrouver devant l’imposant public, agitant de surcroît quelques drapeaux du Québec.

« Ça fait longtemps qu’on roule notre bosse et ça fait chaud au coeur de voir qu’il y a encore du monde qui aime ça venir nous voir en show! » - Karl Tremblay.

Le concert s’est articulé comme un survol de leurs 20 ans de carrière. On y a entendu à la fois des pièces de leur dernier album Octobre, dont Marine marchande chantée avec Frannie Holder de Random Recipe, les aimées Ti-Cul, La dévisse, Les étoiles filantes, tous cellulaires allumés, ou encore les engagées comme 8 secondes.

Régulièrement en interaction avec le public, le chanteur a livré quelques introductions pour certaines chansons comme sur En Berne, écrite il y a 14 ans, et dont la réflexion sur le Québec, a-t-il évoqué, est encore d'actualité. « C'est malheureusement le constat, peu importe ce qui se passe, on n’a pas le choix de continuer à emmerder tous les bouffons qui nous gouvernent. »

La mise en scène comprenant numéros de clowns colorés, de la jonglerie et des ballons formait un ballet joyeux plus ou moins coordonné, accompagné de projections animées des œuvres de l’artiste de Québec Martin Bureau. Et Jérôme Dupras y est allé d'un surf de foule vêtu d'un caleçon rose fluorescent.

Les Cowboys, qui avaient prévu une vingtaine de chansons, ont prolongé le plaisir. Ils sont parvenus au fil d’arrivée deux heures après le départ, le temps d’une pièce avec Voivod, et sans oublier la Toune d’automne, en chorale avec le public.

Ce dernier a semblé particulièrement apprécier la soirée, et beaucoup les trois chansons en rappel. Les commentaires à la fin du spectacle étaient élogieux.

« C’était vraiment très bon, les Cowboys Fringants sont toujours très performants! », a dit une spectatrice, imitée par plusieurs autres.

« C’était super, les chansons de la fin, on sentait qu’ils voulaient vraiment impressionner le public, montrer que les Québécois c’est vraiment les plus forts », a pour sa part analysé un jeune spectateur.

Les Cowboys avaient invité quelques admirateurs à monter sur scène lors du dernier rappel pour finir la soirée en beauté avec Tant qu'on aura de l'amour.

La première partie était assurée de belle façon par Lisa LeBlanc et son « party de famille ». La chanteuse originaire du Nouveau-Brunswick, qui avait carte blanche pour son spectacle sur les plaines d'Abraham, s’est entourée de proches et d’amis, Mico Roy, guitariste des Hôtesses d’Hilaire, et Voivod, groupe trash métal québécois pour offrir un mélange éclectique, mais franchement sympathique.

La chanteuse a alterné les chansons en français et en anglais, country, folk, rock. L'auteure-compositrice-interprète dont c'était le baptême des plaines a voulu partager ce moment unique avec des personnes chères : sa mère et ses deux tantes, « la chorale du bonheur » avec laquelle elle a entonné la populaire Marde, « la toune la moins préférée de ma mère! », a-t-elle lancé avec humour.

Talent, naturel, charisme et audace, Lisa LeBlanc y est allée d’un solo de banjo avant de passer à sa parenthèse Voivod au son pesant. En rappel, Trouble et sans oublier Kraft Diner, de retour avec Diane LeBlanc « la meilleure maman du monde », dans un duo touchant.

Un peu plus tôt, les irrévérencieux Goules de Québec ont lancé les festivités avec leur cabaret punk rock décapant. La bande de Keith Kouna et ses costumes extravagants y est allée de sa théâtralité légendaire jouant d’indécence.

Keith Kouna en a profité pour ironiser sur les mesures de sécurité « Tout le monde s’est bien fait fouiller? [...] On se sent en sécurité? » avant de livrer un 45 minutes alternant chansons et envolées poétiques déclamées dans toute leur absurdité. « Avez-vous vu passer la baleine? »

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