Le compte à rebours est amorcé pour la chaîne HMV, apprenait-on vendredi. D'ici le 30 avril, les 102 magasins canadiens mettront la clé sous la porte. Même si plusieurs se doutaient que cette annonce viendrait tôt au tard, des inconditionnels de HMV ne pouvaient cacher leur déception, samedi, à la succursale du centre commercial Fleur de Lys, à Québec.

« Ça me fait vraiment mal au coeur parce qu'on ne sait pas vers où se tourner », lance Jake Winchester, un amateur de musique metalcore.

« Je me retiens de ne pas pleurer parce que c'est là que j'ai trouvé mes films, mes séries préférées, mes chandails préférés de groupes et de jeux vidéo », explique-t-il.

Son amie, Annastasia Mastoropoulos, se dit aussi touchée par la fermeture imminente de son magasin de musique préféré.

Ça me fait de la peine parce que c'est un magasin où je voulais venir travailler. C'était mon rêve de venir travailler ici.

Annastasia Mastoropoulos, cliente

Au-delà de leur attachement à la chaîne, des clients disent que l’expertise des employés leur manquera, tout comme la vaste offre de musique sur les rayons.

« C'est un service que je n'aurai plus à l'avenir. C'est plate un peu », affirme Raphaël Talbot, un client de longue date.

Une industrie bouleversée

Si certains disent qu'ils chercheront conseil auprès des disquaires indépendants, Raphaël Talbot affirme qu’il se tournera désormais vers l’achat en ligne.

Depuis un certain temps, il appréhendait la fermeture des magasins HMV en raison des changements qui bouleversent l’industrie musicale.

« Le CD allait finir par mourir, comme la cassette, comme le 35 tours, comme le vinyle. C'était prévisible. C'est triste, mais c'était prévisible. »

« Les gens achètent de plus en plus en ligne et il y a aussi beaucoup de piratage de musique, de films. Je ne suis absolument pas surpris », explique un autre client, Jocelyn Picard.

C'est l'aspect matériel, en fait, qui disparaît tranquillement. C'est dommage. Le fait qu'on a l'objet dans les mains, avec un petit pamphlet avec les titres des chansons, etc.

Jocelyn Picard, client

Le propriétaire de Musique Chez Sony, une boutique de CD usagés active depuis 24 ans à Québec, soutient que les ventes de musique en ligne ont aussi des répercussions dans son « industrie parallèle ».

« Que ce soit dans le neuf ou dans l’occasion, c’est tellement facile de ne pas passer par un intermédiaire pour acheter quelque chose! Je pense que ç’a été l’un des problèmes de HMV », dit Sony Maheu.

La musique survivra

Pour le producteur de musique de Québec Sam Murdock, la fermeture des magasins HMV n’est qu’une conséquence des changements dans les habitudes de consommation des amateurs de musique.

« C'est un peu la même vague qui est arrivée il y a plusieurs années avec les Music World […] Il va falloir s'habituer [au fait] qu'en région il y a de moins en moins de disquaires », dit le directeur artistique de P572.

« Ça fait quand même un joueur important où les disques ne seront plus distribués, mais on va se concentrer sur les plus petits disquaires », poursuit-il.

À son avis, l’industrie du CD va mal, mais pas l’industrie de la musique. La fermeture des HMV ne le décourage donc pas.

Si tu veux vendre des disques en 2017, tu vas être déçu, mais si tu veux vendre de la musique, de l'art, c'est un bon moment […] Ultimement, ce qui va rester, c'est une chanson.

Sam Murdock, directeur artistique de P572

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