Retour

Feu rue des Cyprès : les conclusions du commissariat des incendies contestées

La famille des victimes de l'incendie de la rue des Cyprès dans l'arrondissement de Charlesbourg et leur avocate dénoncent le rapport de l'enquêteur du Commissariat aux incendies qui conclut que les pompiers de Québec ne sont pas en cause.

L'avocate Dominique Bertrand, qui représente la famille, juge le rapport incomplet. Selon elle, il amène davantage de questions que de réponses et donne l'impression que le document a été écrit pour faire taire les critiques et protéger le service des incendies de la ville de Québec.

« On n'a pas grand information, c'est un peu décevant, et même choquant pour les victimes parce que finalement, on s'en tire facilement du côté de la caserne », dit Me Bertrand.

Dans le sommaire du rapport du Bureau du commissaire aux incendies obtenu par la famille des victimes et consulté par Radio-Canada, le chef investigateur Jean-Pierre Boilard juge qu'en janvier dernier, Nathalie Chicoine, son fils Jason et son conjoint ont sauté trop rapidement du balcon de leur appartement lors de l'incendie et qu'ils n'étaient pas en danger immédiat au moment où ils ont sauté.

Selon Jean-Pierre Boilard, le comportement de certains témoins de l'incendie a poussé les victimes à sauter, mais ceux-là auraient eu « intérêt à se taire et laisser les pompiers faire leur travail ».

Le rapport de 45 pages confirme également que la grande échelle du premier camion arrivé sur place a été l'objet d'un bris, mais que malgré ce bris mécanique, les pompiers avaient une solution de rechange et ont agi rapidement.

Me Bertrand déplore que le rapport ne détaille pas l'intervention des pompiers, mais fait plutôt état de l'origine de l'incendie et dresse un résumé des témoignages.

« Ça n'a pas de sens qu'on n'ait aucune recommandation ou suggestion pour essayer de faire évoluer la solution et éviter que ces choses-là se reproduisent dans le futur. »

Le frère de Nathalie Chicoine parle de négligence

Guy Chicoine, le frère de la locataire blessée après le saut du 4 étage, estime aussi que le rapport ne va pas assez loin. Il est convaincu que les pompiers ont été pris de court devant le bris de l'échelle.

« Regardez les vidéos et vous allez comprendre que les pompiers qui avaient les échelles ne savaient pas quoi faire. Ils étaient paniqués, ils étaient "jammés" », affirme-t-il.

M. Chicoine dénonce également l'extrait du rapport qui mentionne que les deux premiers sapeurs arrivés sur place n'ont pas entendu les cris en entrant dans l'appartement en flammes.

« C'est impossible qu'ils n'aient rien entendu, ils étaient à trois pieds [des trois locataires]. Sur les bandes sonores, on les entend crier depuis la rue », déclare-t-il.

Guy Chicoine est convaincu qu'il y a eu de la négligence lors de l'intervention.

Les pompiers satisfaits

La position du syndicat des pompiers est diamétralement opposée. Le président du syndicat, Éric Gosselin, se dit satisfait des conclusions du rapport. Il maintient que les pompiers ont bien agi dans les circonstances.

« Nous, on sait que les pompiers sur les lieux ont fait leur travail selon les règles de l'art et on est très satisfaits du rapport. »

Il souligne que les équipes étaient déployées pour intervenir à l'intérieur du logement et que des échelles manuelles allaient être installées sur le bord de la fenêtre pour permet aux locataires de sortir du logement.

Les victimes envisagent toujours de poursuivre la Ville et les pompiers de Québec. Ils se donnent quelques jours pour tenter de négocier avec la Ville, à défaut de quoi, ils préviennent que les procédures judiciaires seront lancées.

Le 6 janvier 2016, trois locataires ont sauté du dernier étage de leur immeuble en flammes au 4220 de la rue des Cyprès. La grande échelle du camion de pompiers n'avait pu être déployée.

Selon la famille des victimes, Nathalie Chicoine gardera des séquelles physiques permanentes des événements. La femme est toujours en arrêt de travail en raison d'importantes blessures subies.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine