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Formation accélérée des préposés : le Ministère a « dormi au gaz »

La pénurie de préposés aux bénéficiaires qui afflige le CIUSSS de la Capitale-Nationale était hautement prévisible. C'est du moins ce que soutient le PDG de la Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires du Québec, Michel Lemelin, qui assure avoir prévenu le gouvernement dès 2012 que le personnel viendrait à manquer.

« En 2012, quand on avait rencontré les ministres de l'époque, on leur avait dit : "Il faut préparer ce qui s'en vient", se souvient-il. Au ministère de la Santé, ça a dormi au gaz, et au ministère de l'Éducation, ils ont dit : "On attend la commande du ministère de la Santé." »

Michel Lemelin se désole de voir qu'aujourd'hui que le CIUSSS est à la recherche de 300 préposés et se résout à les former en 5 semaines plutôt que les 25 habituellement requises pour l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles.

La direction du CIUSSS assure que les nouvelles recrues seront formées en continu dans les centres d'hébergement de soins longue durée (CHSLD), mais Michel Lemelin n'y croit tout simplement pas.

« De ce qui nous est rapporté, c'est impossible, surtout qu'il y a une surcharge de travail pour les préposés aux bénéficiaires. [...] Les infirmières, quand elles ont de 90 à 150 patients à charge, impossible à ce moment-là de pouvoir bien superviser. »

Risqué pour les aînés?

La Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires se questionne aussi sur la qualité des soins que pourront offrir des préposés formés en cinq semaines.

Pour donner le bain à une personne à mobilité réduite par exemple, Michel Lemelin rappelle que les préposés doivent avoir de nombreuses connaissances techniques.

« Il faut savoir utiliser les lève-personnes, tout ce qui est technique aussi, et d'amener aussi ces patients-là, qui bien souvent font de la démence ou ont d'autres maladies complexes », fait-il valoir en rappelant que la clientèle en CHSLD demande de plus en plus de services.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé, François Paradis, abonde dans le même sens.

« Il faut maintenir la qualité, il faut éviter de mettre en péril la sécurité de nos aînés et la sécurité des préposés et surtout faire en sorte que ces gens-là, formés rapidement, aient à prêter assistance dans des domaines sur lesquels ils n'auront pas eu la formation suffisante », met-il en garde.

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