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Forte hausse des demandes d'aide pour trouver un logement abordable

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain du Québec (FRAPRU) lance un signal d'alarme : cette année, ce ne sont pas moins de 123 ménages qui se retrouvent sans logement, faute d'avoir pu trouver une résidence adaptée à leurs besoins, mais aussi à leur budget.

Au dire de l'organisme, ce nombre représente un bond spectaculaire de 40 % des demandes d'urgence comparativement à l'an dernier.

Pire encore, la coordonnatrice du FRAPRU Marie-José Corriveau déplore que si les besoins augmentent rapidement, les services, eux, peinent à suffire à la demande.

La situation de ces familles sans logis est symptomatique d'une combinaison de facteurs aux effets dévastateurs. Outre un faible taux de logements inoccupés dans les grandes villes du Québec, ce qui contribue à faire grimper les prix des loyers, la croissance de l'immobilier de luxe dépasse largement le développement de l'offre de logements abordables.

À première vue, le prix moyen des logements, à Montréal et Québec, semble acceptable : il en coûterait ainsi 777 $ par mois pour se loger dans la métropole, comparativement à 798 $ dans la capitale.

Mais ces nombres sont trompeurs, puisque les logements disponibles à la location sont souvent bien plus chers, avec un prix franchissant parfois la barre des 1000 dollars.

Selon Véronique Laflamme, du Front d'action populaire en réaménagement urbain du Québec (FRAPRU), ce ne sont ainsi pas moins de 244 000 ménages locataires qui souffrent d'un « besoin impérieux de logement », c'est-à-dire des gens « qui paient trop cher, qui ont un logement en mauvais état, ou [qui est] trop petit ».

Dans un communiqué transmis lundi, le FRAPRU va plus loin, en dénonçant l'insuffisance de l'aide financière octroyée par le gouvernement pour favoriser la construction d'un plus grand nombre de logements abordables.

« Avec un nouveau surplus anticipé de 2,4 milliards de dollars, le Québec peut donner un vrai coup de barre et démarrer un chantier de logements coopératifs et sans but lucratif », soutiennent les porte-parole de l'organisme.

« Si on maintient le cap sur 3000 nouveaux logements sociaux par année au Québec, ça va prendre plus de 80 ans pour régler les besoins actuels les plus criants », dénonce par ailleurs Mme Laflamme.

D'ailleurs, cet objectif se situe bien au-delà des progrès réels effectués par le gouvernement. L'an dernier, il s'est ainsi à peine construit 700 logements sociaux dans l'ensemble du Québec. En comparaison, quelque 4600 condominiums neufs ont fait leur apparition à Montréal seulement, pendant la même période.

Le FRAPRU réclame par ailleurs un registre officiel des baux, un geste auquel se refuse la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

Enfin, l'organisme entend, tout de suite après le déclenchement des élections québécoises, marcher de Québec à Ottawa, sur une distance de 500 kilomètres, pour revendiquer un meilleur droit au logement.

Avec les informations de Michel Marsolais.

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