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Fourgonnettes 15 passagers : « Les politiciens ont la mémoire courte »

Isabelle Hains a perdu son fils dans l'accident de Bathurst qui a tué 8 personnes en 2008. En apprenant que le gouvernement du Québec songeait à autoriser de nouveau ces véhicules pour le transport parascolaire, elle n'en croyait pas ses oreilles.

Un texte de Jonathan Lavoie« Après la mort de mon fils, après 10 ans, je pense que les politiciens ont la mémoire courte. Je ne peux pas me permettre d'oublier parce que le prix que les parents et les familles ont payé est trop élevé. Nous n'avons pas la mémoire courte. »

En 2008, la Sûreté du Québec et le bureau du coroner ont conclu que trois facteurs avaient contribué à causer l'accident : les conditions atmosphériques, une erreur du conducteur et le mauvais état mécanique.

Une étude publiée en 2013 par le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé a également conclu que les fourgonnettes 15 places n'étaient pas plus dangereuses qu'un autobus.

Isabelle Hains demeure toutefois convaincue que seuls les autobus scolaires et les autobus multifonctions (AMF) sont assez sécuritaires pour transporter des élèves et minimiser les risques en cas de collision. Elle implore les établissements scolaires de résister à la tentation de réduire les coûts de transport en utilisant d'autres types de véhicules.

« Pour les gens qui pensent à payer moins cher, vous savez ce que ça m'a coûté? J'ai perdu mon fils parce que le gouvernement voulait économiser », soutient Mme Hains, la voix nouée par l'émotion.

En croisade contre les 15 passagers

Après la mort de son fils en 2008, Isabelle Hains et d'autres mères de victimes ont mené une croisade contre les fourgonnettes 15 passagers. Réunies au sein du groupe Van Angels, elles n'ont pas réussi à les faire complètement interdire au Canada, comme elles le souhaitaient, mais bon nombre d'écoles au pays ont cessé de les utiliser.

Isabelle Hains a aussi réussi à faire changer certaines lois. Les AMF sont maintenant reconnus officiellement comme un véhicule de transports d'écoliers par le gouvernement fédéral.

« Nous avons obtenu une définition pour l'AMF qui, avant, était dans une zone grise. En 2015, le gouvernement a reconnu l'AMF comme une sous catégorie d'autobus scolaire. C'est un véhicule construit selon les mêmes exigences, sans les feux clignotants », explique-t-elle.

Ces quelques victoires législatives n'effaceront toutefois jamais le souvenir douloureux de l'accident de janvier 2008. « Ma vie était normale il y a 10 ans. Je ne suis plus normale maintenant, je lutte tous les jours. Je ne veux pas que d'autres familles vivent la même chose. »

Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement n'a pas précisé s'il entendait imiter le Québec et réévaluer l'utilisation des fourgonnettes 15 passagers pour le transport parascolaire.

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