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Fuites médiatiques : le mauvais climat de travail de l’UPAC encore évoqué

Pour une deuxième fois en autant de jours, le prétendu climat de travail malsain à l'UPAC se retrouve au cœur de la requête en arrêt des procédures pour le procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.

Un texte de Yannick Bergeron

Afin d’éviter l’annulation du procès, la poursuite tente de démontrer que les fuites médiatiques, notamment celles sur l’enquête Mâchurer, n’ont pas été prises à la légère par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

L’enquêteuse de l’UPAC Caroline Grenier-Lafontaine a été appelée à témoigner vendredi. C’est elle qui avait piloté le dossier menant à l’arrestation du député Guy Ouellette, le 25 octobre dernier.

Lors de son interrogatoire, Mme Grenier-Lafontaine a détaillé les efforts déployés par l’UPAC afin de découvrir la source des fuites qui ont mené à des reportages dans différents médias.

Rapidement, les soupçons auraient porté sur des employés de l'UPAC. Selon Mme Grenier-Lafontaine, ils auraient divulgué de l’information parce qu’ils étaient mécontents du climat de travail qui régnait.

Les enquêteurs ont alors ciblé Richard Despaties et Stéphane Bonhomme, dont les résidences ont été perquisitionnées le jour de l'arrestation de Guy Ouellette, le 25 octobre dernier.

Les suspects n'ont pas été accusés et l'enquêteuse Grenier-Lafontaine a spécifié que l'analyse de la preuve se poursuivait.

Jeudi, Richard Despaties et Stéphane Bonhomme ont tous deux évoqué un mauvais climat de travail à l’UPAC, lors de leurs témoignages au palais de justice de Québec.

Contre-interrogée par l’avocat de Marc-Yvan Côté, Mme Grenier-Lafontaine elle a dû admettre que de l'information confidentielle sur sa propre enquête avait fait l’objet de fuites médiatiques le jour même de l'arrestation du député Guy Ouellette.

L’enquêteuse a reconnu que cette divulgation de renseignements ne pouvait pas venir des suspects. La défense tente de démontrer que les fuites ne proviennent pas des employés, mais bien de la haute direction de l'UPAC.

Journalistes forcés à témoigner?

Les avocats de Marc-Yvan Côté, qui ont initié la requête en arrêt des procédures, veulent maintenant faire témoigner deux journalistes pour qu'ils identifient leurs sources.

Les médias touchés, dont Radio-Canada, s'y opposent en invoquant la protection des sources journalistiques.

Le juge entend les arguments des parties ce vendredi, mais ne rendra sa décision que dans les prochains jours. On saura alors si les journalistes seront contraints, ou pas, de témoigner.

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