À moins de quatre mois du sommet du G7 à La Malbaie, dans Charlevoix, les militants sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour organiser un « contre-sommet ».

Un texte de Cathy Senay

Le Réseau de résistance anti-G7, créé en septembre, est formé de quelques dizaines de militants. Des assemblées générales ont eu lieu à Montréal depuis afin de préparer la mobilisation.

« Il faut prendre cette occasion-là pour leur dire [aux dirigeants] qu’on n’est pas contents », affirme le professeur de science politique à l’UQAM et spécialiste de l’altermondialisme Francis Dupuis-Déri, aussi membre du Réseau.

Le but du groupe est de mettre sur pied une structure pour mieux planifier les déplacements des manifestants en juin prochain.

« Est-ce qu’on est capables d’aider les gens à avoir des autobus? Est-ce qu’on peut aider les gens à se loger? », explique le militant.

Des manifestations

En marge du sommet, le Réseau de résistance anti-G7 invite les manifestants à participer à une marche à Québec et à une « activité de perturbation » dans la région le lendemain.

Les militants n'ont pas encore déterminé où auront lieu les manifestations.

« Est-ce que les mobilisations vont se passer à Québec? Est-ce que les mobilisations vont se passer plus près du Manoir? Est-ce qu’on va être capables de manifester à La Malbaie? [...] Est-ce qu’ils vont laisser la société civile s’exprimer? », se demande Francis Dupuis-Déri.

Parallèlement à cela, le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches a invité les organisations étudiantes, féministes, syndicales et écologistes à une rencontre préparatoire le vendredi 23 février.

Le groupe « Temps Libre » a également lancé un appel à la mobilisation sur les réseaux sociaux.

Plus d'une cause

Francis Dupuis-Déri était l’un des commentateurs sur ICI RDI lors du Sommet des Amériques en 2001.

À l’époque, le projet de zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) était notamment dénoncé, se rappelle-t-il. Le G7 est pour lui encore plus insaisissable.

« Ils vont parler de l’émancipation des femmes. Évidemment avec Donald Trump, on trouve ça rigolo. Ils vont parler des emplois de l’avenir. Ils vont parler de la paix. Ils ne négocient pas vraiment. Ce sont les pays les plus puissants. »

Le militant sait que le défi du mouvement altermondialiste est l’éventail des causes soutenues par tous les groupes réunis, qui veulent tous défendre le bien commun et dénoncer les élites.

« Mais en même temps, cette diversité-là, c’est aussi sa force, qui permet de rassembler autant de monde dans des événements comme ça », ajoute-t-il.

Sans les endosser, Francis Dupuis-Déri dit comprendre les violences qui surviennent parfois lors des manifestations anticapitalistes. Selon lui, il faut continuer d'espérer un monde meilleur, car « même le désespoir peut être une source d'action ».

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