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G7 : les policiers sont-ils trop nombreux dans les rues de Québec?

L'important déploiement policier dans les rues de Québec durant la tenue du Sommet du G7 soulève plusieurs questions. Certains observateurs soutiennent que l'imposante présence des forces de l'ordre nuit à la liberté d'expression.

Un texte de Fanny Samson

Vendredi, des policiers ont pourchassé quelques dizaines de manifestants qui se promenaient dans les rues de la capitale sans donner leur itinéraire. Le nombre de policiers semblait surpasser la centaine de manifestants présents.

Selon la directrice générale par intérim d’Amnistie internationale, Geneviève Paul, les autorités ont installé un climat de peur lors de la première manifestation jeudi et avant même que le sommet commence.

« Il y avait déjà un climat de peur qui fait en sorte que les commerçants, notamment aussi, ont eu des craintes, qu’on peut comprendre », dit-elle, faisant référence aux nombreux commerces qui ont barricadé leurs fenêtres.

De son côté, la coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, Nicole Filion, souligne la présence de fusils d’assaut.

« Ça peut avoir eu aussi un effet "désincitatif" sur la participation de manifestants », indique-t-elle.

Un travail « transparent »

Le directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) est satisfait du déploiement policier et du travail de collaboration avec la Sûreté du Québec (SQ) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

« Tous ensemble on est en mesure de livrer une prestation en sécurité publique de haut niveau », affirme Robert Pigeon.

À ceux qui disent que le nombre de policiers nuit à la liberté d’expression, il indique que le travail de son corps de police est transparent.

« Amnistie [internationale] est là, il y a des groupes d’observateurs du gouvernement. La police est ouverte à ce genre de situation. Donc on n’est pas du tout contre ça », dit-il.

Depuis jeudi, aucun gaz lacrymogène n’a été utilisé. « Ce n’est pas une nécessité d’utiliser ce genre de moyen. On essaie de l’éviter dans la mesure du possible », indique le directeur.

Un déploiement réfléchi

L’ex-directeur adjoint à la Sûreté du Québec et spécialiste en mesure d’urgence, Marcel Savard, constate que la stratégie retenue est celle du maintien de l’ordre et du contrôle de la foule.

Il rappelle que le déploiement policier est basé sur le renseignement et qu’en cas de débordement et de grabuge, le public est très critique. « Donc on est actuellement en train de se poser la question : à quel moment tout ça est suffisant? », soulève-t-il.

Il admet toutefois que la mobilisation semble avoir été difficile. « Est-ce qu’on craignait justement des débordements? Est-ce qu’on a craint justement l’omniprésence de la sécurité? Tout ça fait qu’il y a une mobilisation restreinte », soutient le spécialiste.

Avec les informations de Pascal Poinlane

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