Retour

Garderies subventionnées : 130 M$ puisés dans les poches des familles

La modulation des tarifs dans les garderies subventionnées coûte de plus en plus cher aux parents québécois. Le gouvernement du Québec, qui avait prévu récupérer des sommes avec la modulation des tarifs de garderie, aura finalement puisé 130 millions dans les poches des familles en 2016, selon un document obtenu par Radio-Canada.

Un texte d'Olivier Lemieux

Le gouvernement Couillard donne d’une main et reprend de l’autre. Lundi, le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, confirmait un investissement de 40 millions de dollars pour améliorer les services de garde à l’enfance. La moitié de ce montant était de l’argent frais, l’autre moitié avait déjà été promise lors du dépôt du budget 2017-2018.

Or, selon les plus récents chiffres compilés par Revenu Québec, les parents québécois ont redonné beaucoup au gouvernement l’an dernier en raison de la modulation des tarifs de garde selon les revenus.

Au total, 126 000 familles ont dû débourser 129,9 millions de dollars en 2016, une somme qui s’ajoute à la contribution de base de 7,75 $ par jour, par enfant, dans le réseau de services de garde subventionnés québécois.

Comme la modulation des tarifs est entrée en vigueur le 22 avril 2015, la facture est plus salée pour les parents en 2016, car elle a été calculée sur 12 mois. Revenu Québec précise aussi que la somme perçue risque d’augmenter, car nombre de contribuables n’ont toujours pas remis leur déclaration de revenus au fisc pour 2016.

Or, c’est justement au moment de remplir la déclaration d’impôt que la contribution additionnelle pour les services de garde est ajustée.

« Épouvantable »

La présidente du Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ), qui représente plusieurs centaines d’établissements privés subventionnés, avoue être abasourdie par l’ampleur des sommes prélevées.

« Je trouve que c’est énorme, lâche Marie-Christine Guay. 130 millions, on s’entend, c’est beaucoup de sous. »

Marie-Christine Guay tourne en dérision l’investissement de 40 millions confirmé par le ministre Proulx en début de semaine. Selon elle, l’impact des compressions libérales des dernières années se fait toujours sentir.

« On nous remet des miettes. C’est insoutenable pour le réseau », déplore-t-elle.

Ententes de paiement

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) veut analyser les chiffres et mesurer l’impact pour les parents.

« Nous n’émettrons pas de commentaires pour l’instant », se limite à dire Marie-Claude Lemieux, directrice des relations publiques.

À noter que 2600 parents ont conclu une entente de paiement avec Revenu Québec pour acquitter la somme due au gouvernement. Il n'a pas été possible d'obtenir une réaction auprès du bureau du ministre de la Famille, Sébastien Proulx.

Plus d'articles

Commentaires