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Grève à l'Université Laval : la direction réclame l'intervention d'un arbitre

La direction de l'Université Laval demande l'intervention d'un arbitre pour trancher l'épineuse question de la restructuration du régime de retraite avec ses employés de soutien, en grève de façon sporadique depuis deux semaines. Une demande qualifiée de « coup publicitaire » par le syndicat puisque le recours à un arbitre est déjà prévu par la loi, en cas d'impasse dans les négociations.

Les 1900 employés, des techniciens de laboratoire et du personnel de bureau et d'entretien, notamment, reprennent les moyens de pression dès ce matin. Ils entendent débrayer au moins deux jours par semaine, le mercredi et le jeudi, par la suite.

Lundi, une rencontre de conciliation entre le Syndicat des employés de l'Université Laval (SEUL) et la direction a duré moins de cinq minutes.

En plus des négociations pour en arriver à une nouvelle convention collective, échue depuis avril 2016, les parties tentent d'en arriver à une entente sur le déficit du régime de retraite en vertu des nouvelles dispositions de la Loi 13, adoptée par le gouvernement en juin dernier.

Dans un communiqué publié mardi matin, le vice-recteur exécutif, Éric Bauce, avance que l'intervention d'un arbitre pour trancher la question du régime de retraite permettrait de consacrer davantage d'efforts à la négociation d'une nouvelle convention collective.

« M. Beauce n'annonce rien de nouveau puisque c'est prévu dans la loi qu'il y ait un arbitre dans le dossier. C'est un automatisme, et ça se fait cette semaine. La Loi le prévoit déjà », réplique le conseiller syndical Eric-Jan Zubrzycki.

Le vice-recteur est en campagne électorale et il fait une publicité ce matin, probablement sous les conseils de National. C'est sûr qu'on va se revoir devant les tribunaux.

Éric-Jan Zubrzycki, conseiller syndicat du SEUL

Le vice-recteur précise que le déficit du régime de retraite du SEUL est 51,6 millions de dollars. L'université propose de couvrir 26,9 millions de cette somme, plus de la moitié. Les employés actifs assumeraient 7 millions et les retraités 17,7 millions.

Des chiffres contestés par le SEUL qui accuse l'université de vouloir faire payer l'ensemble des membres sans justification. « Le déficit à l'heure actuelle est à la hauteur de 30 millions. 50 millions, c'était au 31 décembre 2015. Le déficit a depuis fondu de 20 millions. On ne parle pas de la même chose. »

Des services perturbés

Après avoir déclenché une grève de 48 heures la semaine dernière, le syndicat promet maintenir au moins deux jours de débrayage par semaine.

En plus des services de laboratoire et de bibliothèque, les activités au PEPS sont perturbées par le conflit de travail.

Des ligues sportives ont suspendu leurs horaires en soirée et les patinoires sont notamment fermées jusqu'à jeudi. Le PEPS indique sur son site Internet que des prêts d'équipements sont également annulés.

Le syndicat déplore par ailleurs l'embauche de travailleurs de remplacement depuis le début du conflit de travail, il y a deux semaines.

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